JPMorgan cumule les risques d’amendes
L’inoxydable Jamie Dimon, directeur général de JPMorgan, va-t-il résister à un nouveau scandale, venu d’Asie cette fois? La SEC, le gendarme des marchés américains, soupçonne la filiale hongkongaise de la banque d’avoir embauché des enfants de dirigeants d’entreprises publiques chinoise pour remporter des contrats, selon un document déposé par la banque auquel le Wall Street Journal a eu accès. JPMorgan a indiqué à la presse coopérer à l’enquête.
Si l’embauche de personnalités influentes n’est pas un délit aux Etats-Unis, le faire dans le but d’obtenir un traitement de faveur de la famille des recrues peut tomber sous le coup de la loi Foreign Corrupt Pratices.
Quelle que soit l’issue de cette péripétie, le groupe est une fois de plus associé à une pratique délictueuse. La semaine dernière, le département de la Justice américain a lancé des poursuites pénales contre deux de ses anciens traders, dans le cadre de l’affaire de la «baleine de Londres», qui a coûté 6,2 milliards de dollars à JPMorgan en 2012. Si la banque elle-même a finalement été épargnée, sa réputation –notamment auprès des autorités– en est écornée.
Car les années passent et les enquêtes s’accumulent. On estime à près de 5 milliards de dollars par an le coût des litiges en 2011 et 2012. Selon le document cité par le Wall Street Journal, les pertes potentielles de JPMorgan relatives aux procédures en cours pourraient lui coûter 6,8 milliards de dollars de plus que le montant de ses provisions actuelles. D’après les calculs de Barclays, aucune autre banque américaine n’est confrontée à un risque de cette ampleur. Pour l’instant, estime Barclays, Bank of America est l’établissement qui a cumulé le plus de frais suite à des condamnations ou des sorties négociées.
JPMorgan est concerné par six enquêtes de la Justice américaine. D’autres enquêtes, relatives notamment aux actifs immobiers toxiques, impliquent aussi la SEC et le Tarp, le programme d’aide créé suite à la crise des supbrimes. La banque est inquiétée dans le scandale de la manipulation du Libor. Elle a également accepté en juillet de payer plus de 400 millions de dollars dans le cadre d’un arrangement avec le régulateur de l’énergie, pour manipulation de marché. Sachant l’opiniâtreté des autorités américaines, sans compter le risque d’actions collectives, JPMorgan est loin d’en avoir fini. La banque a d’ailleurs ajouté 600 millions de dollars de provisions pour litiges au deuxième trimestre, deux fois plus qu’un an plus tôt.
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