JPMorgan Chase livre un plan de bataille pour son réseau de détail
JPMorgan Chase a des envies de conquête dans la banque de détail. L'établissement prévoit ainsi d’ouvrir au moins 1.000 nouvelles agences dans les trois prochaines années. Ce chiffre pourrait grimper jusqu'à 2.000 sur cinq ans, a précisé Charlie Scharf, en charge des services financiers de détail, lors d’une journée investisseurs. Une franche accélération par rapport à la tendance observée ces dernières années. Entre 2006 et 2010, 649 nouvelles agences ont vu le jour (plus de 1.000 depuis 2002), pour un investissement total évalué à 3,9 milliards de dollars (dépenses en capitaux et opérationnelles).
Aujourd’hui, la troisième banque américaine en termes d’actifs domestiques a fixé ses priorités géographiques. Elle entend ainsi poursuivre une «croissance agressive» dans deux régions clés : la Floride (375 à 500 agences visées) et la Californie (525 à 700 agences). Au 30 septembre dernier, Chase détenait 5.172 agences aux Etats-Unis, selon les données Réserve fédérale. Cela la plaçait en troisième position, derrière Wells Fargo, avec quasiment 6.500 agences et Bank of America, créditée de près de 6.000 agences. Plus de deux ans après le rachat opportuniste de Washington Mutual, la stratégie soulignée hier fait la part belle à une politique de développement organique au sein du maillage existant, au détriment d’opérations de croissance externe. Le groupe estime que les nouvelles implantations sont amorties dans un délai de 3 à 5 ans.
Les services financiers de détail ont généré l’an dernier 2,52 milliards de dollars de bénéfices, une nette remontée après deux années de vaches maigres. Remis en selle, JPMorgan veut affirmer son rang. Le retour à meilleure fortune observé au quatrième trimestre, grâce à un recul des provisions, n’a toutefois pas éclipsé une série de défis : des volumes de trading en baisse, le scandale Madoff, ses pratiques en matière de saisies immobilières ou encore les multiples impacts de la réforme du secteur financier. Sur cette dernière question, le groupe s’attend ainsi à perdre 1,3 milliard de dollars de revenus en raison de la limitation des frais de transactions sur les cartes bancaires facturés aux commerçants. Selon Charlie Scharf, cette mesure risque de surtout pénaliser les petites banques, les petits commerçants et les consommateurs.
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