Humanis cherche de nouveaux gérants pour des mandats d’obligations et d’actions
Humanis a lancé un appel d’offres pour trois mandats de gestion totalisant au moins 1,5 milliard d’euros, ont confié à L’Agefi plusieurs sources concordantes. Le groupe de protection sociale devrait déléguer la gestion de 900 millions d’euros d’obligations corporate de la zone euro, de 500 millions d’euros d’obligations souveraines, et d’une poche plus petite d’actions de la zone euro.
Conseillé par le cabinet Fixage, Humanis devrait annoncer son choix à la fin de la deuxième semaine de janvier, mais ne souhaite pas communiquer sur le sujet à ce stade. Selon plusieurs sources, Axa IM, Ofi AM et Aviva Investors feraient notamment partie des candidats auditionnés pour les obligations corporate.
L’objectif de l’appel d’offres n’est pas évident aux yeux de plusieurs observateurs, qui ne peuvent dire avec certitude s’il s’agit d’une nouvelle délégation de gestion ou du remplacement de gestionnaires externes actuels. La démarche d’Humanis intervient en tout cas quelques mois après le renouvellement de sa gouvernance. Directeur général depuis mars dernier, Jean-Pierre Menanteau s’est notamment entouré de Gilles de Margerie, nouveau directeur général adjoint en charge des finances et de l’actuariat. A fin 2012, le groupe gérait 13 milliards d’euros d’actifs.
Dans le monde très discret des appels d’offres institutionnels, quelques opérations significatives ont été rendues publiques cette année. Face aux contraintes de Solvabilité II, la Mutuelle Générale va déléguer d’ici à la fin de l’année l’ensemble de son portefeuille de valeurs mobilières, soit 1,8 milliard d’euros. Proche de cette mutuelle, créée pour le personnel des ex-PTT, La Banque Postale Asset Management a remporté le gros du morceau, au côté de Rothschild & Cie Gestion et Schelcher-Prince Gestion. Début 2013, l’Union Mutualiste Retraite (UMR) a également confié à un gestionnaire ami son portefeuille obligataire de 4 milliards d’euros, sous la pression de l’Autorité de contrôle prudentiel. L’organisme de retraite a choisi Egamo, la filiale de gestion de la MGEN dont il a pris 20% du capital quelques mois plus tard.
Ces opérations permettront peut-être de redynamiser un marché tricolore limité, faute de fonds de pension locaux. Les consultations lancées en 2012 avaient atteint leur plus bas niveau en France depuis 2003, à 10,5 milliards d’euros, selon le cabinet Bfinance.
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