HSBC réduit son objectif de rendement des fonds propres face à Bâle 3
A l’occasion de la présentation de résultats solides au titre de 2010, HSBC a réduit son objectif annuel de rendement des fonds propres à 12-15%, contre 15-19% auparavant. «La baisse des objectifs est liée à un environnement de taux d’intérêt très bas et à la perspective de Bâle 3», a indiqué lundi Matthieu Kiss, directeur financier de HSBC France, lors d’un point avec la presse à Paris. L’état-major a toutefois souligné le renforcement de ses ratios capitalistiques, le ratio tier one du groupe ayant progressé sur un an de 10,8 à 12,1%.
Alors que le résultat net dégagé par HSBC a plus que doublé, passant de 5,8 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) à 13,2 milliards de dollars, il se révèle néanmoins inférieur aux attentes des spécialistes qui misaient sur 13,7 milliards, selon un consensus Bloomberg.
Cette différence avec le consensus s’explique «par la hausse des coûts, de 34,8 à 37,7 milliards», relève un analyste. Le coefficient d’exploitation, qui s’est dégradé de 52 à 55,2%, «se révèle supérieur à notre objectif (de 48-52%, ndlr) et n’est pas acceptable», a indiqué Stuart Gulliver, nommé directeur général de HSBC en septembre dernier. Alors que le groupe entend restructurer sa base de coûts, un point sur les orientations stratégiques sera réalisé en mai prochain.
La forte progression des bénéfices a notamment été portée par le recul de plus de moitié des charges de dépréciations pour risque de crédit, à 14 milliards, soit le plus bas niveau enregistré depuis 2006. Alors que le bénéfice imposable est passé de 7 à 19 milliards, le produit net bancaire a reculé de 6% à 68,4 milliards. «La baisse des revenus est délibérée et découle de la décision de sortie des activités les plus risquées, telles que les prêts à la consommation aux Etats-Unis ou en Inde», a relevé Matthieu Kiss.
Alors que l’Asie et le Moyen Orient ont contribué à quelque 70% des résultats, cette part importante «est liée à la faible contribution des Etats-Unis qui n’est pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être», a indiqué Christian de Backer, directeur général de HSBC France.
En France, le bénéfice imposable a progressé de 109% à 548 millions d’euros, sur la base d’un produit net bancaire en hausse de 22% à 2,5 milliards d’euros. HSBC France, qui mise sur le développement de sa clientèle premier, a vu le nombre de ces clients progresser de 27% à 336.000 dans la banque de détail.
Plus d'articles du même thème
-
Les taux élevés menacent les actions
La fièvre récente sur les emprunts d'Etat est de nature à rebattre les cartes des allocations. Les marchés taux et des actions offrent des perspectives différentes, mais la hausse des rendements obligataires rend les places boursières, bien valorisées et stimulées par l'IA, plus vulnérables. -
La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
La banque rouge et noire se fait taper sur les doigts par l’Autorité de contrôle pour avoir systématiquement inclus «Mon assurance au quotidien», un contrat collectif dommages, dans son offre groupée de services bancaires, Sobrio. -
Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
Jean-Jacques Barbéris aura passé presque 10 ans au sein d'Amundi où il a entre autres dirigé le pôle dédié aux clients institutionnels et entreprises et supervisé les sujets liés à la gestion extra-financière (ESG) au niveau groupe.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
BalancierMalgré les récentes tensions, Alger maintient la relation stratégique avec Paris
La France et l'Algérie relancent leurs relations, alors que Paris reste un partenaire économique et sécuritaire majeur et que les relations entre les deux pays sont marquées par le poids de l'histoire -
Eau dans le gazEntre Matignon et le Medef, une relation qui s’envenime
La menace de geler les allègements de charge tend encore un peu plus les rapports entre Patrick Martin et Sébastien Lecornu -
Bruxelles réfléchit à un durcissement de sa politique commerciale contre la Chine
La Commission européenne réfléchit à une panoplie de mesures pour contrer le choc des importations chinoises