HSBC prépare une nouvelle restructuration de grande ampleur
Stuart Gulliver passe demain un grand oral très attendu par les investisseurs. Le directeur général de HSBC devrait présenter un nouveau plan de restructuration du groupe britannique, après avoir déjà réduit la voilure entre 2011 et 2013. Objectif: convaincre les marchés qu’il peut atteindre son objectif de retour sur fonds propres supérieur à 10% en 2016, contre 8% aujourd’hui. Les médias britanniques ont déjà laissé entendre que HSBC devrait supprimer des milliers de postes.
C’est dans la banque de financement et d’investissement que les attentes sont les plus fortes. «La BFI constitue le principal problème: elle consomme 43% des actifs pondérés par le risque du groupe, mais génère un retour sur fonds propres tangibles de 6,1% seulement, avec des perspectives de redressement compliquées dues à la régulation», notait vendredi Raul Sinha, analyste chez JPMorgan. Le courtier estime notamment que le pôle supporte plus de 70% de la taxe bancaire britannique, taxe qui a poussé HSBC à lancer une étude sur le déménagement de son siège social vers Hong Kong. Sur ce point-là aussi, des éclaircissements sur les critères de décision du groupe sont attendus demain.
«Les points clés d’attention sont l’allocation de capital à la BFI et au sein du pôle, et les détails sur la manière dont HSBC compte atteindre ses objectifs d’économies de coûts», corroborent les analystes de Barclays. Appréciée pour son profil de grande banque commerciale, HSBC est donc incitée à réduire la voilure dans les activités de marché. Plutôt que les métiers de taux et de change, où le groupe mise sur l’essor du renminbi, le pôle actions pourrait supporter le gros des coupes claires, selon une source proche du dossier citée par Bloomberg. La banque ne figure pas en effet parmi les ténors mondiaux du courtage actions, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie.
Sur le plan géographique, HSBC a déjà engagé son retrait du Brésil et de la Turquie, où le groupe s’était développé par croissance externe à la fin des années 90 et au début de la décennie suivante. Le processus de vente de ses filiales locales est engagé. Bradesco, Itau Unibanco et les espagnols Santander et BBVA s’intéressaient à l’activité brésilienne, tandis qu’ING, BNP Paribas et Arab Banking Corp sont cités comme candidats en Turquie.
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