HSBC double son objectif de croissance interne mais pas au prix de plus de risque
Une semaine après l’annonce de la perte de 2 milliards de dollars de JPMorgan dans ses activités de couverture, HSBC a voulu rassurer sur son profil de risque. Selon Stuart Gulliver, le directeur général de la banque britannique, la prudence se symbolise par le dépôt de 153 milliards de dollars auprès des différentes banques centrales. La stratégie d’économies et de recentrage des activités, réaffirmée hier lors d’une journée avec les investisseurs, participe également à réduire un peu plus le risque.
Après avoir cédé 28 activités, principalement aux Etats-Unis et en Europe, activités qui employaient 15.000 personnes, et après avoir allégé son bilan de 55 milliards de dollars d’actifs à risque, HSBC compte poursuivre sur cette voie. La direction de la banque a ainsi annoncé sa volonté de vendre une partie de son portefeuille immobilier aux Etats-Unis. Des contacts avec des repreneurs potentiels ont déjà été noués et les premières ventes pourraient intervenir avant l’été. Ses actifs immobiliers américains s’élevaient à 44 milliards de dollars fin 2011.
Parallèlement, les économies seront poursuivies. La mise en œuvre en 2011 du plan à trois ans a déjà permis de réaliser des économies de 2 milliards de dollars. Stuart Gulliver fixe un objectif encore plus ambitieux : entre 2,5 et 3,5 milliards de dollars d’économies par an à partir de 2013, pour ramener les charges en dessous de 52% du produit net bancaire, contre 64% à fin mars.
La «simplification» de HSBC doit permettre, selon Stuart Gulliver, d’accélérer le développement de la banque sur ses 22 marchés prioritaires : la Grande-Bretagne et Hong Kong, ses pays d’origine, mais aussi la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie, la Turquie, les Etats-Unis et l’Allemagne, même si l’Europe constitue aujourd’hui la principale source d’inquiétude de la direction. La banque ne prévoit pas d’acquisition majeure.
Le gain de 2 milliards de dollars de revenus supplémentaires, objectif doublé par rapport à celui fixé l’an dernier, viendra du développement interne, de la meilleure intégration des quatre branches de la banque (commerciale, marchés, privée, détail). Stuart Gulliver s’est engagé à porter le rendement des fonds propres au-dessus de 12% fin 2013. Alors qu’il dépassait 15% chaque année depuis 2004, il a plongé à 4% avec la crise financière de 2008 et n’était encore que de 6,4% à fin mars.
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