Groupama vise une marge de solvabilité de 120% fin 2012
Contraint à une lourde restructuration au début de l’année pour se sauver, Groupama n’est pas encore sorti du purgatoire. L’assureur affiche une perte de 87 millions d’euros au premier semestre 2012, pour un chiffre d’affaires de 9,34 milliards, en recul de 2,8% à périmètre constant. La croissance de 4% des revenus en dommages (à 5 milliards) ne permet pas d’enrayer la chute de l’assurance de personnes (-10% à 4,1 milliards).
En 2011, ses comptes plombés par les dépréciations liées à la crise, Groupama avait perdu plus de 1,8 milliard d’euros. Au premier semestre 2011, il affichait encore un bénéfice de 147 millions.
Depuis janvier, Groupama a multiplié les cessions: les activités dommages (hors transport) et le portefeuille maritime de Gan Eurocourtage, respectivement à Allianz et Helvetia, l’immeuble Virgin sur l’avenue des Champs-Elysées, la filiale espagnole Groupama Seguros à Grupo Catalana Occidente, et Proama, en Pologne, à Generali. Ces opérations –hormis celles qui concernent le portefeuille maritime et Proama, signées en juillet– ont conduit le groupe à passer dans ses comptes une charge de restructuration de 204 millions d’euros, laquelle se répartit en 138 millions d’euros liés aux résultats des entités destinées à la vente et en 66 millions d’euros de dépréciations d’écarts d’acquisition.
Mais «la réalisation effective de ces cessions est attendue au cours du quatrième trimestre 2012, sous réserves des autorisations règlementaires», précise le mutualiste. En clair, ces opérations ne produiront leur effet sur la marge de solvabilité (rapport entre fonds propres et exigences réglementaires) qu’au second semestre. Et encore: une partie importante des produits de cession servira à rembourser les 300 millions d’euros que détient, sous forme d’actions de préférence, la Caisse des dépôts dans Gan Eurocourtage. En définitive, Groupama vise une marge de 120% fin 2012 et de 140% pour 2014, contre 113% au 30 juin dernier (+6 points par rapport au 31 décembre 2011).
Parallèlement, le mutualiste a entrepris de réduire son exposition aux marchés financiers, en grande partie responsable de ses déboires. Les placements en actions ne représentent plus que 9,9% de son portefeuille, contre 12,8% six mois plus tôt. Associé à la baisse des taux, cette politique se traduit par une forte croissance des plus-values latentes (700 millions d’euros, contre un milliard de moins-values au 31 décembre dernier).
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