Groupama tente de remédier à la faiblesse de son capital
En interne, Jean Azéma vend le projet comme une étape vers l’introduction en Bourse de Groupama. Le directeur général de l’assureur mutualiste va faire appel à ses caisses régionales, actionnaires à 99,9% de Groupama SA, pour renforcer la structure à travers une augmentation de capital de 500 millions d’euros. L’opération est prévue d’ici à la fin de l’année, comme l’a révélé le 13 juillet le journal Les Echos. En augmentant son capital et donc sa valeur, Groupama SA diminuerait ainsi la dilution potentielle des caisses lors de son IPO.
L’argument est censé amadouer des caisses régionales qui n’avaient encore jamais recapitalisé la société anonyme. Convaincra-t-il ? Promise depuis des années, l’entrée en Bourse est un serpent de mer. L’offensive sur le capital de Premafin et Fondiaria en Italie fin 2010 a échoué. La marge de solvabilité du groupe a chuté de 50 points l’an dernier à 130 % en raison de moins-values latentes. «Jean Azéma et sa stratégie sont aujourd’hui fragilisés», estime un bon connaisseur.
Les analystes soulignent surtout la fragilité de Groupama. En mai, S&P a dégradé la note du groupe d’un cran, à BBB+, en arguant de ses 2 milliards d’euros d’exposition à la dette grecque (290 millions d’euros net des pertes éventuelles à la charge des assurés). A fin 2010, l’assureur était aussi exposé à la dette du Portugal (un milliard), de l’Espagne (2,9 milliards) et de l’Italie, son deuxième marché (7,3 milliards). Soit, au total, près de 24% de son portefeuille obligataire.
«Nous ne pensons pas que l’exposition à la Grèce constitue le principal problème de Groupama», relevait pourtant en mai Philippe Picagne, l’analyste de CreditSights. «Groupama souffre de l’extrême faiblesse de son capital, estimait-il mercredi. Il lui faudrait plutôt 1,5 milliard, et pas 500 millions, pour se donner de la marge».
A fin 2010, les fonds propres n’atteignaient que 4,3 milliards d’euros (contre 7 milliards en intégrant 100% des caisses), à comparer à 2,8 milliards de dette et 3,1 milliards d’écarts d’acquisition au bilan. Les actions représentaient 15% du portefeuille de placement. Avec un résultat net annuel moyen de 524 millions entre 2007 et 2010, la génération de capital du groupe ne paraît pas de nature à modifier en profondeur ces grands équilibres. Mais chez l’assureur, on réfute toute pression de l’Autorité de contrôle prudentiel pour augmenter les fonds propres, comme certains le soupçonnent.
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