Groupama se fixe le cap de la rentabilité
Maintenant que le défaut de solvabilité de Groupama et le nettoyage de son bilan appartiennent au passé, l’assureur mutualiste fait du retour à la rentabilité sa priorité. A raison: en 2012, le résultat opérationnel économique est négatif de 78 millions d’euros (contre un résultat positif de 181 millions en 2011 pro forma) et Groupama a manqué son objectif de ratio combiné. Ce dernier atteint 102%, alors que l’assureur visait 98% (contre 97,4% fin 2011). La sinistralité s’est fortement dégradée l’année dernière, passant de 70,9% à 76,3%. «L’arrêté de catastrophe naturelle passé en 2012 pour la sécheresse de 2011 nous a coûté 1,4 point de ratio», regrette Christian Collin, directeur général délégué.
En revanche, le ratio de frais nets s’est amélioré, reculant de 1,3 point, à 25,7%, grâce à la réduction de 6,5% des frais généraux, allant des mesures de sélection des portefeuilles en amont à une politique de tarification plus différenciée. Cette politique sera poursuivie en 2013. Dans les structures nationales (Groupama SA, Gan Assurances, Groupama Supports et Services et Groupama Banque), le non remplacement de plus de 900 salariés en 2012 sera poursuivi dans le cadre d’un plan de départs volontaires d’environ 650 personnes, provisionné dans les comptes 2012 et qui sera lancé dans les semaines qui viennent.
Le retour à la rentabilité passe notamment par la priorité donnée, en assurance de la personne, aux produits plus margés: santé, prévoyance et, en épargne-retraite, les contrats en unité de compte (UC). La baisse du chiffre d’affaires (-10,3% à 6,8 milliards d’euros) a en effet été essentiellement causée par l’activité d’assurance vie en France, dont le revenu a chuté de 21%, subissant une décollecte de 1,2 milliard d’euros.
«Nous accordons la priorité à la qualité au détriment du volume», indique Thierry Martel, directeur général, qui s’attend à une nouvelle décollecte dans les contrats en euros en 2013. La part de l’épargne-retraite, passée de 55% en 2011 à 48% en 2012, devrait encore reculer. Au sein de cette branche, la part des UC en épargne individuelle, de 14% l’année dernière, devra progresser. «La part de la production en UC représente plus de 30% depuis le début de l’année», indique Thierry Martel. Autre piste pour compenser la désaffection des fonds en euros, accroître l’épargne bancaire. La collecte brute s’élève à 363 millions d’euros en 2012, pour un encours de 2 milliards.
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