Groupama pourrait se décider à faire entrer de nouveaux investisseurs
Bien que son directeur général Jean Azéma a déjà annoncé un plan d’économie de 400 millions d’euros d’ici à 2014, Groupama pourrait compléter cette mise au régime en accueillant de nouveaux investisseurs à son capital si la chute des marchés actions menace toujours sa solvabilité en fin d’année. Sa marge de solvabilité sur fonds propres durs s’établissait à 117% fin juin, et à 130% en incluant un coussin de plus-values éligibles.
«Actuellement la situation est tendue en raison de la baisse des actifs financiers mais nous ne sommes pas dans une situation de besoin de fonds propres», indique à l’Agefi, Jean Azéma. «Nous pouvons nous préparer à ce type de situation si les marchés restent au plus bas à l’avenir. Nous pourrions alors mener une politique de réduction d’activités ou de renforcement de fonds propres. Nous pourrions notamment faire rentrer des investisseurs extérieurs si le besoin s’en faisait sentir, et ce sans passer par la cotation en Bourse», ajoute-t-il.
L’urgence de la situation a été mise en exergue vendredi par Standard & Poor’s qui a abaissé d’un cran la note de crédit long terme du groupe, de BBB+ à BBB, tout en la maintenant sous perspective négative. «Cette mesure reflète notre conviction que, malgré les actions prévues par la direction pour améliorer le profil financier de Groupama, il est peu probable que son niveau de capital soit rétabli et maintenu à des niveaux compatibles avec une note BBB+ au cours des deux prochaines années», écrit S&P.
L’agence estime que les récentes évolutions négatives des marchés ont entamé le niveau de capital déjà faible de l’assureur. Groupama porte en effet près de 2 milliards de moins-values latentes sur ses grandes lignes cotées (L’Agefi du 22 septembre), même si le groupe peut compter en parallèle sur des plus-values immobilières.
S&P pointe également le risque de crédit lié à son exposition non négligeable aux dettes souveraines. Le maintien de la perspective négative est justifié par les pressions qui pèsent sur le profil financier du groupe et le risque opérationnel lié aux actions stratégiques de la direction visant à améliorer le niveau de capital. Elles incluent des couvertures à la baisse sur actifs et des solutions de réassurance. S&P prévient en outre qu’elle pourrait de nouveau abaisser la note de l’assureur si sa capitalisation continuait de se détériorer.
Plus d'articles du même thème
-
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Au bout du cheminFin de vie : ce que contiendra le texte final
Les députés ont achevé samedi la troisième lecture de la proposition de loi sur l'aide à mourir. Si le texte doit encore faire un aller-retour au Sénat, il ne sera en revanche plus débattu avant le vote final prévu le 15 juillet. -
Plein soleilA Paris, Emmanuel Grégoire, pompier de service par temps de canicule
Du scandale dans le périscolaire à la vague de chaleur actuelle, les cent premiers jours du nouveau maire de Paris auront été marqués par une succession de crises -
Chaud devantAprès la canicule, l'hôpital entre mesures express et promesses à dix ans
Il faudra attendre des semaines pour pouvoir tirer le bilan humain de cet épisode historique de canicule