Groupama Banque veut croire à un nouveau départ
Si Groupama Banque n’a toujours pas atteint l’équilibre en 2013, elle n’en est pas passé loin: la filiale de l’assureur mutualiste affiche une perte nette de 6 millions d’euros, trois fois moins qu’en 2012. L’équilibre est attendu cette année.
En pleine crise de solvabilité en 2011, Groupama s’était interrogé sur la pertinence d’une activité bancaire, toujours déficitaire après 8 ans d’exercice. La page est désormais tournée. «L’expérience des assurbanques et des bancassurances montre qu’il faut dix ans pour équilibrer les comptes», affirme Bernard Pouy, directeur général de Groupama Banque.
Le sujet évacué, l’établissement veut se relancer en privilégiant les activités en accompagnement de l’offre d’assurance: «Au départ, nous pensions que proposer les moyens de paiement suffirait à nous légitimer. Mais nous avons réalisé que les services de banque au quotidien ne sont pas différenciants», explique Michel Lungart, directeur assurance, banque et services du groupe. D’où la volonté de pousser les feux dans l’épargne et le financement de la clientèle.
Fin avril, Groupama Banque frisait déjà son objectif d’encours d’épargne pour l’année de 1,8 milliard d’euros, en affichant 1,72 milliard d’euros de dépôts (+40% en trois ans). Fin 2013, ses encours étaient légèrement supérieurs à 1,6 milliard. Le nouvel objectif d’environ 1,85 milliard semble atteignable.
Si les encours de crédit ont connu un léger recul au premier trimestre (à 1,54 milliard d’euros), le temps de respecter le ratio de liquidité réglementaire à court terme, ils s’approchent du montant des dépôts. Pour cela, Groupama Banque, historiquement concentré sur le crédit auto, veut développer les crédits non affectés, le crédit immobilier et une offre en direction des professions agricoles.
Se définissant comme une extension du métier d’assureur, Groupama Banque souhaite atteindre les 600.000 clients en 2016, contre près de 550.000 aujourd’hui. Et elle entend porter la part de clients actifs de 26% aujourd’hui à 35% fin 2014.
Cette stratégie nécessite un effort de formation au sein des caisses régionales de Groupama et de Gan Assurances. La moitié des conseillers commerciaux et un tiers des 500 agents généraux de Gan bénéficiant du statut d’IOBSP vendent régulièrement des produits Groupama Banque, tandis que 25% des premiers et 33% des seconds ne le font pas du tout. L’effort se portera sur la troisième population, qui n’en vend que ponctuellement.
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