Groupama a réduit la sensibilité de son portefeuille aux actions
Groupama a abordé l’exercice 2015 avec un objectif clair : poursuivre la réduction de son exposition au marché actions en prévision de Solvabilité 2. La directive impose des exigences en fonds propres plus élevées concernant cette classe d’actifs. En l’espace de quelques semaines, l’assureur mutualiste a bouclé deux opérations opportunistes. Il a cédé sa participation de 4,9% dans la banque d’affaires italienne Mediobanca pour un montant de 333 millions d’euros.
Lundi, le groupe a suivi en cédant via un placement privé 5,05% du capital de Veolia Environnement pour 485 millions d’euros. Groupama SA et sa filiale Gan Assurances restent associés au groupe de services à l’environnement puisqu’ils conservent ensemble 552.000 actions.
A 7,5% du total des actifs à la fin 2013 (contre 9,3% fin 2013), la poche actions est rabotée d’environ 100 points de base supplémentaires à l’issue de ces deux opérations. Ce rééquilibrage se fait notamment au profit de la poche obligataire (79,6% du portefeuille fin 2014 contre 74,9% un an plus tôt). A moins de 5% en fin d’année dernière, la poche de trésorerie a fondu.
D’un point de vue crédit, BNP Paribas CIB voit cependant l’opération de «de-risking» sur Veolia Environnement comme neutre. Les analystes crédit de la banque justifient cette position avec deux éléments principaux à l’appui. L’assureur a indiqué par le passé que 70% de ses participations étaient dans des fonds vie, les bénéfices revenant aux assurés. «Dans nos calculs de la solvabilité ajustée du risque, nous avons toujours donné à Groupama le crédit des plus-values latentes hors-bilan. Cela n’a eu aucune incidence sur la capitalisation de Groupama, qui reste faible», explique aussi Rafael Villareal dans une note. Groupama fait état d’un ratio Solvabilité 1 de 253% et se contente de déclarer qu’il dépassera 100% du SCR sous Solvabilité 2.
«Le ratio Solvabilité 1 ne nous dit rien du risque et sans les plus-values latentes (10,6 milliards à fin 2014, ndlr), le ratio serait à 123%», précise l’analyste crédit de BNP Paribas. «Le ratio de solvabilité d’un assureur ne devrait pas être à la merci du marché», ajoute-t-il. Lors d’une conférence avec les analystes, le directeur financier Benoît Maes a reconnu la forte volatilité potentielle des plus-values latentes mais s’est dit peu inquiet à ce sujet.
En outre, l’assureur, qui a échangé avec succès de la dette l’an dernier, a des contraintes de financement réduites en 2015.
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