Gras Savoye s’apprête à lancer un plan de restructuration
Tablant sur une hausse modeste de ses revenus d’ici à 2016, le courtier en assurances présentera fin février en interne les détails de sa réorganisation
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Alexandre Garabedian
Le projet plane dans l’air depuis plusieurs mois. Gras Savoye s’apprête à lancer un plan de restructuration de ses activités qui se traduira par des suppressions de postes. Les dirigeants du groupe l’ont confirmé hier aux partenaires sociaux à l’occasion d’un comité central extraordinaire dédié à la stratégie à trois ans du premier courtier français d’assurances. Les détails de la réorganisation, qui «aura des conséquences sur l’emploi et les conditions de travail», comme l’a annoncé la direction hier, seront dévoilés avant la fin du mois de février.
Gras Savoye a été repris en LBO en 2009 par le fonds Astorg lors d’un rachat à effet de levier qui le valorisait autour de 500 millions d’euros. Le courtier américain Willis, actionnaire minoritaire (31,8%), dispose d’une option pour porter sa part à 100% en 2016. Le courtier a confirmé hier les grandes lignes de sa stratégie: croissance à l’international, maintien d’un réseau régional en France qui suscite l’envie de ses concurrents, et développement sur tous les segments, notamment l’assurance collective. Mais les objectifs à 2014 fixés lors de son rachat, et tenus secrets à l’époque, ont été abandonnés.
Hier, les dirigeants du groupe se sont contentés de fournir une simulation de chiffre d’affaires sur la période 2013-2015, qui table «sur une croissance raisonnable, inférieure à 5% à 3 ans», selon un représentant syndical. En 2012, les revenus devraient stagner, alors que ceux de 2011 avaient atteint 555 millions d’euros. Dès lors, pour que le LBO tienne une partie de ses promesses, l’accent est mis sur les réductions de coûts.
Gras Savoye a déjà connu une baisse de ses effectifs en 2012. Selon le pointage des syndicats, le groupe a enregistré 160 départs, tous motifs confondus mais avec une recrudescence des ruptures conventionnelles, contre 30 à 40 arrivées. François Varagne, ex-patron d’Antargaz, qui a pris la direction générale du courtier en avril après l’éviction de Patrick Werner, a reconnu le 19 octobre dans un entretien aux Echos «une soixantaine de départs» depuis son arrivée, tout en insistant sur la «très bonne situation financière» de l’entreprise.
Les défections ont aussi touché l’équipe de direction, puisque Philippe Sorret, nommé directeur général délégué en mai, a annoncé son départ chez Groupama dès l’automne. Le courtier a par ailleurs déménagé son siège et vendu un portefeuille qu’il gérait à Laval.
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