Fondiaria Sai retient une large décote pour passer le test du marché
Fondiaria Sai a prévu large. L’assureur italien a annoncé hier matin les termes de son augmentation de capital de 450 millions d’euros avec droits préférentiels de souscription, qui s’annonce très dilutive. En proposant 2 actions nouvelles à 1,5 euro chacune pour une action ordinaire détenue, Fondiaria Sai a fixé pour les nouveaux titres une décote de 39,6% sur le cours théorique ex-droit (TERP, estimé à 2,5 euros environ) censée la protéger de la volatilité des marchés. Mercredi soir, l’action a clôturé à 4,45 euros, avant de céder 10% hier sur cette annonce. Le groupe propose aussi, avec le même ratio, des actions à 1 euro pour une catégorie de titres connus en Italie comme des «saving shares».
Cette large décote théorique, déjà ramenée à 35,8% hier après la chute du cours, rappelle les niveaux appliqués lors des opérations du printemps 2009 ayant marqué la réouverture du marché primaire actions. La dilution brute est de 66%. La dilution réelle, pour un actionnaire ordinaire qui voudrait réaliser une opération blanche en vendant une partie de ses droits afin de financer sa souscription, atteignait hier soir 42% selon nos calculs. Premafin, la holding des Ligresti et actionnaire de référence de Fondiaria, a annoncé qu’elle se laisserait diluer, de 41% environ à 35,5% du capital. UniCredit détiendra 6,6% de l’assureur après la transaction.
UniCredit et Credit Suisse, qui dirigent l’opération avec l’appui de KBW et RBS, jouent la sécurité dans un marché très nerveux. «L’énorme décote reflète clairement les craintes entourant la crise de la dette grecque», relève l’analyste actions de Banka Akros, qui participe aussi à l’opération. Alors que Fondiaria perd déjà 36% sur 2011 en Bourse, le risque serait que le titre ex-droit poursuive sa chute jusqu’à s’approcher du prix de souscription de 1,5 euro. Du pain bénit pour les hedge funds qui pourraient alors vendre l’action à découvert en pariant sur un échec de l’opération et sur un afflux massif de titres provenant des banques «collées».
Fondiaria Sai espère ainsi éviter la mésaventure d’UBI Banca. La banque italienne a annoncé début juin une augmentation de capital d’un milliard qui s’achève aujourd’hui, avec une décote de 22% seulement sur le TERP. Son action cotait alors 5,15 euros. Depuis, le cours s’est effondré et a fini hier à 3,82 euros. Tout juste au niveau du prix de souscription (3,808 euros) des actions nouvelles.
Plus d'articles du même thème
-
Prépar-Vie sélectionne une plateforme technologique pour ses opérations d’investissement front-to-back
L'opération doit permettre à l'assureur de simplifier ses opérations d’investissement et de rationaliser le reporting de son actif général et de ses investissements en unités de compte au sein d’une plateforme unique. -
L'enquête interne de Malakoff Humanis éclaire le rôle d'un intermédiaire dans sa délégation de gestion
La société de conseil Thomas Vendôme Investment a obtenu contractuellement plus de 22 millions d'euros de commissions de la part de gérants retenus par Malakoff Humanis, selon de nouveaux documents révélés par Mediapart. -
Le marché obligataire envoie un sérieux avertissement à la France
A la veille de la présentation du budget, l’écart entre le rendement de l’OAT 10 ans et celui du Bund de même maturité a bondi à 127 points de base, pour la première fois depuis 2012, dépassant les scénarios redoutés par les stratégistes.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- L’inquiétante correction des marchés de taux
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Contenu de nos partenaires
-
Sublimer l’infiniment petit
Pour une Maison fondée en 1755, la préservation des savoir-faire pourrait consister à regarder vers le passé. Chez Vacheron Constantin, c’est tout l’inverse. La manufacture genevoise les met à l'épreuve, tout en les confrontant à de nouveaux terrains d’expression. -
Légende noire« Il reste une empreinte idéologique assez forte d’Alain Soral sur le Rassemblement national »
Antisémitisme, virilisme et conspirationnisme : le politiste décrypte l’influence qu’a eue le polémiste antisémite sur Jordan Bardella dans ses jeunes années au Front national -
Ses mains ont la parole
C’est en Suisse, à la Fabrique du Temps de Louis Vuitton qui participe notamment aux Journées Particulières, qu’un émailleur aux mains d’or perpétue des traditions séculaires.