Fondiaria Sai retient une large décote pour passer le test du marché

L’augmentation de capital de l’assureur se fait à un prix de 40 % inférieur au cours théorique ex-droit de souscription
Alexandre Garabedian

Fondiaria Sai a prévu large. L’assureur italien a annoncé hier matin les termes de son augmentation de capital de 450 millions d’euros avec droits préférentiels de souscription, qui s’annonce très dilutive. En proposant 2 actions nouvelles à 1,5 euro chacune pour une action ordinaire détenue, Fondiaria Sai a fixé pour les nouveaux titres une décote de 39,6% sur le cours théorique ex-droit (TERP, estimé à 2,5 euros environ) censée la protéger de la volatilité des marchés. Mercredi soir, l’action a clôturé à 4,45 euros, avant de céder 10% hier sur cette annonce. Le groupe propose aussi, avec le même ratio, des actions à 1 euro pour une catégorie de titres connus en Italie comme des «saving shares».

Cette large décote théorique, déjà ramenée à 35,8% hier après la chute du cours, rappelle les niveaux appliqués lors des opérations du printemps 2009 ayant marqué la réouverture du marché primaire actions. La dilution brute est de 66%. La dilution réelle, pour un actionnaire ordinaire qui voudrait réaliser une opération blanche en vendant une partie de ses droits afin de financer sa souscription, atteignait hier soir 42% selon nos calculs. Premafin, la holding des Ligresti et actionnaire de référence de Fondiaria, a annoncé qu’elle se laisserait diluer, de 41% environ à 35,5% du capital. UniCredit détiendra 6,6% de l’assureur après la transaction.

UniCredit et Credit Suisse, qui dirigent l’opération avec l’appui de KBW et RBS, jouent la sécurité dans un marché très nerveux. «L’énorme décote reflète clairement les craintes entourant la crise de la dette grecque», relève l’analyste actions de Banka Akros, qui participe aussi à l’opération. Alors que Fondiaria perd déjà 36% sur 2011 en Bourse, le risque serait que le titre ex-droit poursuive sa chute jusqu’à s’approcher du prix de souscription de 1,5 euro. Du pain bénit pour les hedge funds qui pourraient alors vendre l’action à découvert en pariant sur un échec de l’opération et sur un afflux massif de titres provenant des banques «collées».

Fondiaria Sai espère ainsi éviter la mésaventure d’UBI Banca. La banque italienne a annoncé début juin une augmentation de capital d’un milliard qui s’achève aujourd’hui, avec une décote de 22% seulement sur le TERP. Son action cotait alors 5,15 euros. Depuis, le cours s’est effondré et a fini hier à 3,82 euros. Tout juste au niveau du prix de souscription (3,808 euros) des actions nouvelles.

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