Fondiaria Sai est dans le collimateur de l’autorité de vigilance

Accusé d’irrégularités liées à ses actionnaires historiques, les Ligresti, l’assureur italien est menacé d’une mise sous tutelle
Dominique Muret, à Milan

Rien ne va plus pour les Ligresti. Cette puissante famille italienne active dans les secteurs de la construction et de l’assurance voit son empire se désagréger au gré des révélations sur les affaires peu transparentes qu’elles a menées ces dernières décennies et des graves problèmes financiers touchant peu à peu ses innombrables sociétés comme dans un jeu de domino. La faillite pour banqueroute prononcée jeudi par le tribunal de Milan à l’encontre de Sinergia et Imco, deux de ses sociétés lestées de 400 millions d’euros de dettes, a ouvert le jeu.

Ces deux sociétés contrôlaient en effet 20% de Premafin, la holding de la famille Ligresti, qui détient à son tour 36% de la compagnie d’assurance Fondiaria-Sai. L’accusation de banqueroute va permettre au procureur en charge de l’enquête d’élargir ses investigations à toutes les entreprises ayant eu à faire avec Sinergia et Imco… dont le groupe d’assurance.

L’Isvap, l’autorité de contrôle du secteur des assurances en Italie, avait elle aussi entamé une enquête, qui s’est soldée vendredi par une mise en demeure à l’encontre de Fondiaria Sai. Dans un communiqué, la compagnie a confirmé hier qu’elle avait reçu une lettre le 15 juin de la part de l’Isvap, l’invitant à «faire cesser définitivement les irrégularités constatées» sous peine d’être mise sous tutelle dans 15 jours. Le régulateur a relevé de «graves irrégularités», comme le souligne le communiqué, concernant des opérations qui placent Fondiaria Sai en conflit d’intérêts avec ses actionnaires historiques, les Ligresti, avec qui Groupama avait envisagé de s’allier fin 2010.

Ces opérations concernent diverses transactions immobilières effectuées par le groupe d’assurance avec des sociétés appartenant aux Ligresti, telles Imco, ainsi que des frais de consultants, dont 42 millions d’euros versés au patron du groupe Salvatore Ligresti. Figurent aussi dans les griefs du sponsoring en faveur d’une société propriétaire du pur-sang de sa fille Jonella Ligresti.

Fondiaria Sai a convoqué un conseil d’administration ce mardi 19 juin pour «évaluer ces contestations». Dans ce contexte, le rapprochement annoncé il y a quelques mois entre la compagnie des Ligresti et son concurrent Unipol, semble pour le moins compromis. Hier soir, le titre de Fondiaria reculait de 3,16% à 0,94 euro dans un marché en baisse de 2,85%.

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