Fitch prédit aux assureurs vie français une autre année de décollecte
Le marché français de l’assurance se prépare à des lendemains difficiles. «Les tendances de fond ne sont pas bonnes», observe Marc-Philippe Juilliard, directeur senior chez Fitch Ratings. Le constat est criant pour l’assurance vie. Hier, l’agence de notation a maintenu le secteur sous perspective négative, jugeant que «la rentabilité et la solvabilité des assureurs vie restent sous pression».
De fait, en raison des taux d’intérêt bas, les marges s’affaiblissent sur les contrats en euros, qui représentent près de 86 % des primes. Pour préserver leur rentabilité, les acteurs pourraient donc être amenés à baisser les taux servis aux assurés, après une diminution de 0,30 % en moyenne l’an dernier. «Les compagnies ont la possibilité de baisser ces taux servis dans une proportion assez large, estime Marc-Philippe Juilliard. Mais c’est un bénéfice à court terme car l’attractivité du produit continuerait à se détériorer, ce qui aurait un impact assez fort sur la collecte nette.»
La situation est d’autant plus délicate que les compagnies pâtissent d’un mix-produit défavorable. Echaudés par la volatilité des marchés financiers, les épargnants restent à l’écart des unités de compte, offrant pourtant des marges plus élevées aux assureurs.
Dans ce contexte, «les assureurs vont devoir agir sur les frais généraux», juge Marc-Philippe Juilliard. Une impérieuse nécessité alors que Fitch estime que la collecte nette restera négative en 2012-2013. «La rentabilité ne devrait donc pas s’améliorer de manière significative dans un horizon de 12 à 24 mois», analyse Marc-Philippe Juilliard.
A l’inverse, Fitch a maintenu la perspective stable du secteur de l’assurance dommages, soulignant la bonne tenue des résultats techniques. «Nous constatons une amélioration structurelle des ratios combinés en raison d’une relative discipline de marché en matière de souscription et de tarification», souligne Marc-Philippe Juilliard.
L’agence fait toutefois preuve d’un optimisme modéré. Au-delà du risque d’un retour de la guerre tarifaire, elle rappelle que la croissance des primes est limitée sur un marché saturé. Elle s’inquiète surtout des effets de la crise économique sur le pouvoir d’achat. «Les assurés cherchent de plus en plus des offres qui descendent en gamme en termes de prix et de garanties, ce qui pèse sur l’encaissement et la rentabilité des compagnies», conclut Marc-Philippe Juilliard.
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