Fannie Mae et Freddie Mac sont à leur tour abaissées à AA+ par S&P
Conséquence du retrait de la note AAA des Etats-Unis, Standard & Poor’s a déclassé hier les établissements financiers selon lui trop liés au gouvernement fédéral. L’agence de notation a ainsi abaissé d’un cran la note des organismes de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac désormais affublés d’un AA+, une décision justifiée par «la dépendance directe» des deux établissements aux aides d’Etat. Fannie Mae et Freddie Mac «ont été placés sous la tutelle de l’Etat en septembre 2008 et leur capacité à financer des opérations repose fortement sur le gouvernement», a précisé S&P.
Washington n’a eu de cesse depuis 2008 de soutenir les deux organismes via des apports de liquidités chaque trimestre. Le trésor américain a ainsi dépensé près de 170 milliards de dollars pour les soutenir. «Nous n’avons pas modifié notre évaluation de la solidité fondamentale de leurs opérations de dépôt et de compensation», a souligné S&P, précisant que la précédente notation incluait «la très forte probabilité de recevoir un soutien du gouvernement si nécessaire», un présupposé remis en question après l’abaissement à AA+ de la note souveraine américaine. L’agence de notation avait annoncé le 15 juillet la mise sous surveillance des deux organismes.
Cette décision avait déjà été anticipée par plusieurs opérateurs de marché en cas du déclassement des Etats-Unis. Dans une note publiée lundi, Morgan Stanley se méfiait implicitement d’une telle annonce. «De par l’action négative sans précédent sur la note des obligations souveraines américaines, les impacts finaux sur les marchés mondiaux et sur nos activités, sur l’environnement financier et sur la liquidité sont imprévisibles et pourraient ne pas être immédiatement visibles.»
Outre ces deux organismes, quatorze établissements ont été réévalués à la baisse, dont quatre des principales chambres de dépôts et de compensation américaines, à savoir Depository Trust, National Securities Clearing, Fixed Income Clearing et Options Clearing. S&P a également modifié son évaluation concernant dix groupes d’assurances américains. Cinq d’entre eux ont été ramenés à AA+ et cinq autres ont vu leur perspective abaissée à négative, dont le célèbre groupe du milliardaire Warren Buffet, Berkshire Hathaway qui préserve toutefois sa note AA-.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre