Fairfax renforce son assurance spécialisée avec le rachat de Brit
Plusieurs opérations récentes de consolidation dans le secteur de la réassurance (Catlin-XL, Platinum Underwriters-RenaissanceRe, AxisCapital-PartnerRe) ont illustré la nécessité pour les acteurs les plus exposés aux pressions du marché, essentiellement bermudiens, de concentrer leurs activités pour gagner en taille. La dernière opération dévoilée mardi - le rachat de Brit par Fairfax Financial - repose davantage sur la combinaison d’expertises assurantielles complémentaires.
Le groupe canadien, qui présente déjà un profil diversifié (assureur dommages, réassureur avec Odyssey Re ou Thai Re), va élargir encore un peu plus sa palette avec Brit. Coté sur le London Stock Exchange, Brit s’est transformé au fil du temps en un assureur spécialisé d’envergure mondiale, opérant au travers de sa plate-forme du Lloyd’s. L’assurance spécialisée a représenté environ les trois quarts de son activité en 2013, le groupe engrangeant 1,85 milliard de livres de primes brutes au total.
«Il y a très peu de doublons entre nos activités respectives à l’international, ce qui permettra à Fairfax de diversifier encore davantage son portefeuille tout en offrant à Brit la possibilité de s’appuyer sur l’expertise et le réseau de Fairfax sur les marchés de l’assurance et de la réassurance», confirme Mark Cloutier, le directeur général de Brit. Les deux acteurs se connaissent bien puisque RiverStone, une filiale de Fairfax, a racheté un portefeuille en run-off de Brit en 2012.
L’opération permet aux fonds Apollo et CVC de sortir avec profit. Les deux partenaires ont en effet versé 1,3 milliard de dollars en 2011 pour Brit puis ont cédé environ 25% du capital pour 365 millions de dollars à l’occasion de l’IPO intervenue il y a un an. Ils se séparent aujourd’hui de leur participation (73% du capital) pour 1,88 milliard de dollars. Pour financer la transaction, le PDG de Fairfax, Prem Watsa, songe à associer d’autres investisseurs à l’opération.
Faut-il attendre d’autres opérations dans le secteur de la réassurance ? Standard & Poor’s estime que les petits réassureurs monolines vont rester soumis à une pression plus importante que les groupes diversifiés mondialement, ce qui va favoriser les rapprochements. Cette tendance consolidatrice ne devrait pas stopper la baisse des tarifs de réassurance, illustrant plutôt les options limitées dont disposent les acteurs pour défendre leurs positions.
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