Facebook pointe le retard des assureurs en matière de digitalisation
Peut mieux faire. Hier, Facebook France a réuni de nombreux acteurs de l’assurance dans ses locaux, pour discuter des enjeux de ce secteur et présenter une étude menée avec Accenture, que L’Agefi dévoile en exclusivité. Cette étude paraît deux semaines après la conférence internationale de la FFA, au cours de laquelle des assureurs ont exprimé leurs inquiétudesvis-à-vis de l’arrivée des géants du net.
Il en ressort que si le parcours d’achat devient de plus en plus rapide dans l’assurance, les Français préfèrent se déplacer en agence pour souscrire un contrat d’assurance, en raison «d’habitudes très ancrées». D’où cette question soulevée par l'étude : faut-il redynamiser le secteur de l’assurance, en retard en termes de services digitaux ?
Facebook et Accenture ont interrogé 7.978 Français de plus de 18 ans ayant souscrit une assurance (automobile ou habitation) au cours des trois derniers mois. Résultat, 78% des personnes interrogées préfèrent souscrire un contrat d’assurance habitation auprès d’un conseiller (ils sont 81% pour une assurance automobile). Même les «digital natives» (moins de 35 ans) sont seulement 11% à se déclarer prêts à échanger avec des agents automatisés ou bots pour une assurance automobile (ils sont 16% pour une assurance logement).
Pourtant, les primo-assurés multiplient les sources d’informations en ligne pour comparer les produits. Selon l'étude, 40% des premiers achats d’assurance automobile se font en ligne (28% pour l’habitation). Le réseau social recommande ainsi aux assureurs traditionnels «d’optimiser leur présence sur tous les canaux et de soigner leur réputation». Sans cela, il prédit que les clients se tourneront vers «des jeunes concurrents plus agiles». C’est à dire les assurtech, telles que la start-up française Alan.
«Nous ne pouvons qu’encourager ces acteurs à prendre le tournant du mobile pour une expérience client qui soit aussi qualitative en ligne qu’hors ligne», explique Nicolaï Gérard, directeur industries & services et membre de l'équipe dirigeante de Facebook France, qui espère que cette étude aidera «les assureurs à prendre conscience du retard qu’ils doivent combler aujourd’hui». Facebook a déjà noué des partenariats il y a un an avec Axa (pour une offre Switch destinée aux jeunes) et avec Allianz (devis MRH réalisés depuis Facebook Messenger).
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Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse -
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