Exor remporte la bataille pour le contrôle de PartnerRe
La persévérance d’Exor a payé. La holding de la famille Agnelli, qui contrôle notamment le constructeur automobile Fiat Chrysler, a annoncé hier la signature d’un accord définitif en vue du rachat du réassureur américain PartnerRe pour 6,9 milliards de dollars (6,3 milliards d’euros), mettant fin à une bataille boursière de plusieurs mois avec l’américain Axis Capital Holdings. Cet accord marque un revirement pour PartnerRe. Le réassureur avait accepté en janvier une fusion avec Axis et avait depuis lors repoussé sans cesse les avances d’Exor, toujours plus pressantes.
Le risque d’un rejet du projet par ses propres actionnaires a eu raison de la volonté initiale de PartnerRe. Trois agences de conseil en vote avaient en effet recommandé de se prononcer contre un rapprochement avec Axis. Programmée pour le 7 août, l’assemblée générale de PartnerRe a été annulée. PartnerRe va verser à Axis une indemnité de rupture de 315 millions de dollars.
Une nouvelle assemblée générale de PartnerRe sera convoquée dans les meilleurs délais, ont indiqué hier les deux partenaires, afin qu’elle se prononce sur l’accord avec Exor. Le conseil d’administration de PartnerRe pourra toutefois examiner une ou plusieurs éventuelles offres concurrentes si celles-ci venaient à être déposées avant le 14 septembre. Exor espère boucler le rachat début 2016.
Si une contre-offre reste en théorie possible, la structure intégralement en cash montée par Exor paraît difficile à battre selon les analystes. La holding de la famille Agnelli en avait d’ailleurs fait son principal argument contre l’offre d’Axis Capital. Exor propose 140,5 dollars par action, dont 3 dollars de dividende spécial. Pour affirmer sa motivation, la holding avait acquis sur le marché 9% du capital de PartnerRe.
La holding de la famille Agnelli veut se diversifier dans les services financiers, dont les rendements sont censés être plus réguliers et élevés, pour être moins exposée au secteur automobile, plus gourmand en capital et plus cyclique. D’autres investisseurs, comme le chinois Fosun, ont également racheté ces derniers mois des actifs dans la réassurance.
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