Ethias cherche à solder ses polices d’assurance vie à taux garanti
L’assureur belge Ethias fait feu de tout bois pour redresser sa solvabilité. Dans un contexte de taux d’intérêt ultra bas, les comptes First A, à taux moyen garanti à vie (3,44%), pèsent lourdement sur la compagnie liégeoise. Pour tenter d’atténuer cette charge, Ethias propose de racheter ces contrats de première génération, c’est-à-dire ceux souscrits avant septembre 2003. Ces produits concernent près de 50.000 assurés et représentent des encours totaux d’environ 3,2 milliards d’euros.
Cette offre «unique et exceptionnelle», valable jusqu’au 31 mars, prévoit une prime de sortie équivalente à quatre années d’intérêt (sur la base du rendement 2014), soit une rémunération proche de 14%. Ainsi, un assuré détenteur de 110.000 euros au 1er janvier 2015 recevra une prime exceptionnelle de plus de 14.600 euros s’il clôture son contrat avant la fin du mois. «Pour permettre la clôture d’un maximum de contrats, Ethias a dégagé toutes les liquidés nécessaires à très court terme», souligne l’assureur. Si les souscripteurs réclament tous un rachat, il en coûterait quelque 450 millions d’euros à la compagnie. Cette dernière devrait accuser une perte de plus de 100 millions d’euros en 2014 en raison d’un litige fiscal, selon l’hebdomadaire Le Vif. Et le déficit en fonds propres atteindrait 800 millions d’euros.
En juillet dernier, la Commission européenne a réclamé de nouvelles mesures afin d’accélérer la clôture des comptes First. En 2012, Ethias avait déjà décidé de ramener à 0% le taux d’intérêt sur tout nouveau versement effectué sur un produit First. Ces efforts s’inscrivent dans le cadre du plan de réorganisation conclu en contrepartie de la recapitalisation de l’assureur par les pouvoirs publics (Etat fédéral, Flandres, Wallonie) à la suite de la crise financière de 2008. En cas d'échec, Ethias pourrait cantonner les contrats First de première génération dans un véhicule garanti par l’Etat, d’après De Tijd.
Cette incitation à solder les comptes First A n’est pas la seule mesure prévue par le groupe. Avec l’aide de JPMorgan, Ethias travaille à la restructuration de l’emprunt subordonné perpétuel de 250 millions d’euros souscrit en 2005 afin de le porter à 500 millions d’euros, a révélé samedi L’Echo. Bruxelles maintient le groupe sous étroite surveillance. Le gouverneur de la Banque de Belgique, Luc Coene, a convoqué le conseil d’administration afin de le sensibiliser aux risques qui menacent l'établissement.
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