Espirito Santo prend part au bal de consolidation des banques privées suisses
Affaibli, le groupe portugais Espirito Santo prend part sous la contrainte au mouvement de consolidation animant le secteur de la banque privée en Suisse. Dans un communiqué commun, Banque Privée Espirito Santo (BPES) et la Compagnie Bancaire Helvétique (CBH) ont dévoilé le rachat par cette dernière de «la majeure partie du portefeuille clientèle» de BPES. Alors que celle-ci avait sous gestion à fin décembre 5,6 milliards de francs suisses d’actifs (4,6 milliards d’euros), l’accord couvre les clients de BPES provenant de la péninsule ibérique et d’Amérique latine.
Le président de BPES, José Manuel Espirito Santo, a même indiqué qu’après avoir «continu(é) d’accompagner les clients non transférés », la banque «réduira progressivement ses activités tout en développant son partenariat» avec CBH.
BPES subit par ricochet les turbulences affectant son groupe, de Banco Espirito Santo aux différentes holdings de contrôle, dont deux ont demandé au Luxembourg le régime de protection des créanciers. Un porte-parole de la Finma a d’ailleurs indiqué que le régulateur financier suisse était en contact étroit avec BPES depuis plusieurs semaines.
Mais l’accord entre BPES et CBH intervient dans un climat de défiance de nombreux groupes pour la banque privée offshore en Suisse, du fait de l’alourdissement des contraintes réglementaires, lutte contre l’évasion fiscale en tête. Cette semaine encore, Julius Baer a annoncé le rachat des actifs helvétiques (et luxembourgeois) de l’israélienne Leumi, son directeur général Boris Collardi estimant que le mouvement de consolidation ne manquerait pas de se poursuivre. Julius Baer en est d’ailleurs l’un des animateurs en vue. Et alors que Standard Chartered cherche à céder sa banque privée suisse, Morgan Stanley et HSBC ont récemment franchi le pas, au bénéfice de J.Safra Sarasin et de LGT.
C’est dans ce contexte que l’Etat français devait, selon Les Echos, signifier hier à UBS France et à sa maison mère son refus définitif de toute indemnité transactionnelle dans le cadre des poursuites pour démarchage illicite de clients hexagonaux visant l’ouverture de comptes non déclarés en Suisse. UBS n’échapperait ainsi pas au procès pénal. La banque a en outre été mise une deuxième fois en examen hier, cette fois pour blanchiment aggravé de fraude fiscale.
Un porte-parole de CBH a assuré hier que la banque avait pris des précautions concernant la conformité fiscale des actifs transférés depuis BPES.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous avons ramené les portefeuilles vers une légère surpondération des actifs risqués»
Mathieu Pivovard, responsable de la gestion diversifiée, Allianz Global Investors -
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026. -
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- OTPP étudie la vente du leader français du funéraire
- Matthieu Bonte prend la direction mondiale des investissements de BNP Paribas Cardif
- La stratégie d'investissement du groupe Matmut conjugue prudence et montée en puissance
- La France fait un pas de plus vers la transparence des données vertes des entreprises
- Julien Ménard a quitté la direction des investissements d’Audiens
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat