En sortant de Citigroup, l’Etat américain réalise une plus value de 21%
C’est la fin d’une ère. Huit mois après que Goldman Sachs et JPMorgan Chase ont été jugées en assez bonne santé pour rembourser l’Etat, c’est Citigroup qui retrouve son indépendance. Le Trésor américain a en effet annoncé avoir cédé aujourd’hui son reliquat de 7% de participation dans la banque, soit quelque 2,4 milliards d’actions ordinaires. Au prix unitaire de 4,35 dollars, le cession s’est faite avec une légère décote de 2,5% par rapport au cours de clôture d’hier de 4,45 dollars. Grâce à cette opération, le Trésor, qui craignait des problèmes de liquidité, augmente sa cagnotte de près de 10,5 milliards de dollars.
Au crépuscule du plus grand plan de sauvetage du système bancaire jamais réalisé, l’heure est au bilan. Et concernant la très emblématique Citigroup, il est plutôt juteux pour le Trésor américain et donc pour les contribuables, preuve, s’il en est, qu’investir dans les valeurs bancaires n’est pas si un si mauvais pari, surtout à des prix cassés. En effet, entre fin 2008 et début 2009, l’Etat fédéral américain était entré au Capital de Citigroup à hauteur de 45 milliards de dollars, et au prix moyen de 3,25 dollars par action, le cours de l’action étant passé de plus de 55 dollars en 2007 à moins d’un dollar début 2009, la banque ayant fait passer le nombre de ses actions de 5 milliards au total en 2007 à 28,5 milliards en 2009.
Or, avant cette ultime opération, Citigroup avait déjà annoncé avoir levé environ 44 milliards de dollars provenant du premier remboursement de la banque de 20 milliards en actions préférentielles, de la vente de quelque 4,4 milliards d’actions entre avril et octobre et de 900 millions d’actions en novembre ayant rapporté respectivement quelque 17,6 milliards et 3,86 milliards à l’Etat, et des 2,5 milliards de dividendes perçus sur ses actions préférentielles.
En ajoutant les 10,44 milliards de dollars reçus par cette dernière opération de cession, le Trésor américain aurait réalisé une plus-value de quelque 9,4 milliards de dollars, soit un retour sur investissement de près de 21%. Ce montant, confirmé par une étude de Linus Wilson, professeur de finance à l’Université Lafayette de Louisiane, cité par le Wall Street Journal, tord le coup aux idées reçues sur le coût des sauvetages bancaires, et pourrait être un argument de poids dans les négociations en cours sur la régulation du secteur.
Plus d'articles du même thème
-
Les banques britanniques acceptent le devis du scandale du motor finance
La Finance & Leasing Association (FLA), le principal organisme professionnel du secteur financier, fait volte-face en renonçant à contester en justice le plan de réparation, qui coûterait 9,1 milliards de livres aux prêteurs incriminés. -
Goldman Sachs relève ses prévisions de cours sur le pétrole
Si plusieurs analystes s’accordent sur le fait que le blocage du détroit d’Ormuz équivaut à priver le marché de 14,2 à 14,5 millions de barils par jour (mbj), et également sur une durée plus longue que prévu, les études diffèrent en revanche sur l'ampleur de la baisse des stocks, davantage liée à la demande. -
Matt Christensen quitte AllianzGI
Le responsable mondial de l'investissement durable et à impact de la filiale de gestion d'Allianz annonce son départ.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Poussière sous le tapisBudget : comment l'Etat multiplie les dépenses qui devront être payées plus tard
Dans son rapport sur les résultats du budget de l'Etat en 2025, la Cour des comptes décrit comment des dépenses ont été décidées, mais repoussées aux années suivantes, avec le risque de contraindre fortement les marges de manœuvre dans les années à venir -
PrévoyanceDeuxième importateur d'armes dans le monde, l'Inde n'en finit pas de consolider sa défense
En l'espace de quelques jours, New Delhi a conclu des accords avec la Russie, l'Allemagne et la Corée du Sud pour acquérir de nouveaux armements de pointe -
La Fabrique de l'OpinionLe manager d’hier est mort. Vive le manager augmenté par l’IA ! – par Cécile Dejoux
Cécile Dejoux : "L'agent IA n'a pas de courage managérial. Il ne dit pas la vérité à un collaborateur en difficulté, ne tient pas une position impopulaire devant une direction, ne sait pas quand ne pas utiliser l'IA. Cette compétence-là « faire avec et sans » devient des plus précieuses"