Dexia réduit peu à peu la part de son financement à court terme

Sa dépendance à l'égard des ressources courtes se rapproche de l’objectif exigé par la Commission européenne, mais des cessions seraient bienvenues
Antoine Landrot

L’hypothèse de la vente de 20 milliards d’euros d’actifs – calculée à partir de la provision de 1,8 milliard d’euros passée par Dexia dans ses comptes du deuxième trimestre associée à une perte d’un peu plus de 10% sur les montants cédés – jette à nouveau la lumière sur la situation de liquidité de la banque franco-belge.

Celle-ci a constamment réduit son écart de liquidité (net short term liquidity gap) à 90 jours depuis l’éclatement de la crise financière. Ce montant – qui représente la partie des prêts octroyés par Dexia devant être refinancés sur les marchés tous les trois mois – est passé de 260 milliards d’euros en octobre 2008 (deux semaines après la faillite de Lehman Brothers) à 133 milliards fin 2010, pour atteindre 96 milliards au 30 juin.

Dans un communiqué diffusé sur son site internet le 14 septembre, l’établissement précisait avoir cédé 24 milliards d’euros d’actifs depuis le début de l’année, dont la quasi-totalité de son portefeuille Financial Products, principalement constitué de titres hypothécaires subprimes.

Cette réduction doit également être appréciée en fonction du bilan total de Dexia. Le besoin à court terme représentait 18,5% du bilan au 30 juin dernier, contre 23% au 31 décembre 2010. La banque franco-belge a donc réduit sa dépendance à l’égard des financements à court terme. Dans le cadre du plan de sauvetage de 2008, la Commission européenne a exigé que cette proportion ne représente plus que 10% du bilan en 2014. La tâche ne semble donc pas impossible.

Une réduction du bilan à l’actif, comme par exemple des emprunts d’Etat, permettra de réduire d’autant le besoin de liquidités, dans la mesure où Dexia avait partiellement financé à court terme l’acquisition d’importants portefeuilles de titres souverains. Or, l’établissement est encore fortement exposé aux obligations d’Etat de la périphérie de la zone euro (Portugal, Espagne, Italie, Grèce et Irlande). Selon les résultats des tests de résistance publiés par l’Association bancaire européenne en juillet dernier, cette exposition représentait 263% des fonds propres de la banque. Or, «quand il y a des craintes sur l’intangibilité de la dette souveraine de la zone euro, dont Dexia porte un stock très important par rapport à ses pairs européens, l’assèchement de la liquidité peut se révéler très vite», rappelle Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...