Dexia est pressée de conclure la vente de Denizbank
La vente de Denizbank, la filiale turque de Dexia, pour 2,82 milliards d’euros, au russe Sberbank, devrait intervenir d’ici à la fin de la semaine, indique-t-on de sources concordantes. Le groupe franco-belge, en cours de démantèlement, avait débuté un cycle de négociations exclusives avec son interlocuteur fin mai. Clore la transaction d’ici au 30 septembre est important.
Dans ce cas, la vente devrait avoir, comme annoncé précédemment, un effet positif de 2,5 points de pourcentage sur le ratio de solvabilité. «Si la vente est clôturée après cette date, nous pourrions nous retrouver en dessous du ratio de solvabilité minimum de 8%», avait déclaré Karel De Boeck, le nouveau président du comité de direction, au quotidien belge L’Echo en août.
Toutefois, même en cas de dénouement positif, «cela n’éloignerait pas le spectre de la recapitalisation de Dexia», souligne-t-on à L’Agefi. En effet, la banque cumule les pertes et sa position de liquidité demeure insuffisante. Au 30 juin, les fonds propres de Dexia demeuraient négatifs de 2,8 milliards d’euros. En revanche, la cession de Denizbank réduirait l’exposition de Belfius - l’ancienne Dexia Banque Belgique, désormais nationalisée - à Dexia. Au terme de l’opération, les lignes de refinancement (anciennement intragroupe) devraient passer, selon nos informations, de 11,5 à 7,5 milliards.
Le groupe espère conclure d’autres cessions. Alors que celle de Dexia Asset Management se fait attendre, Banque Internationale à Luxembourg (BIL) est en passe d’être acquise par le fonds qatari Precision Capital. Des sources proches confirment la nécessité de recapitaliser BIL d’un montant situé entre 175 et 350 millions d’euros.
Dexia négocie également avec Sabadell, qui va exercer l’option de vente sur sa participation de 40% dans leur joint-venture espagnole. Quant à la filiale italienne Crediop, «Bruxelles voudrait que Dexia aille plus vite, mais il n’y a pas d’acheteur», indique une source proche.
En attendant, la direction aura remis à ses actionnaires son plan actualisé de résolution fin octobre. Ce dernier devra convaincre Bruxelles du bien-fondé de la garantie d’Etat et de leur coût.
De sources proches, le groupe travaille sur deux hypothèses de prix: une à 5 points de base et une à 90, qui alourdirait considérablement la facture pour Dexia et ses actionnaires. Il étudie aussi la possibilité de remplacer le paiement par des warrants, que les Etats exerceraient pour renforcer le capital.
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