Dexia cherchera à éviter toute injection en capital

La holding tentera de jouer sur les cessions de filiales pour compenser le coût des garanties publiques et d'éventuelles moins-values
Alexandre Garabedian

Dexia SA, la structure de tête du groupe, devient un «hedge fund fixed income», ironisaient hier les analystes de KBC. Après la vente du réseau belge (DBB), et bientôt celle de BIL au Luxembourg, puis le financement des collectivités locales en France, pour lequel la CDC et la Banque Postale ont officialisé hier un projet de joint-venture, la holding se retrouvera à la tête d’actifs en extinction et de filiales à vendre (voir graphique).

L’opération a été structurée pour éviter toute injection de fonds supplémentaires dans Dexia SA. Celle-ci va pourtant faire face à des charges supplémentaires à court terme: des dépréciations probables sur ses 2,4 milliards d’euros de dette grecque (le solde est chez DBB). Elle devra aussi payer la garantie apportée par les Etats sur son financement, soit 450 millions d’euros par an en cas d’utilisation maximale. Enfin, la cession accélérée des actifs gérés en extinction pourrait produire des moins-values. Et Dexia ne pourra plus compter sur les bénéfices des filiales cédées.

Face à cela, la holding part avec un ratio de solvabilité de 12,3%. «Mais après prise en compte des moins-values latentes de 7 milliards d’euros, ce dernier ressortirait à 6,7% contre 4,7% à fin juin», notent les analystes de Natixis. Dexia SA compte sur le produit de cession de ses filiales, dont l’effet est complexe. La vente de Dexia Bank Belgium se fait par exemple avec une moins-value de 3,8 milliards d’euros au 30 juin. Mais en libérant 42 milliards d’actifs pondérés, elle permet au bout du compte au groupe de muscler de 2 points son ratio de solvabilité. La vente de BIL pourrait rapporter 900 millions d’euros, et celle de Dexia Municipal Agency entre 650 et 700 millions.

Deux autres actifs devraient assez vite trouver preneur: les 50% dans RBC Dexia, la filiale de services titres, et Denizbank, la banque turque. Dexia AM, qui gérait 85 milliards fin juin, a aussi vocation à être cédé.

Royal Bank of Canada devrait exercer l’option de rachat dont elle dispose sur RBC Dexia, a indiqué hier le ministre des Finances luxembourgeois Luc Frieden, en qualifiant les discussions de «très avancées». Quant à Denizbank, au flottant très faible (0,2%), elle s’est appréciée de 20% hier, ce qui la valorise à 2,9 milliards d’euros ou encore 1,8 fois sa valeur comptable, soit 28% de plus que la moyenne du secteur. Dexia ne pourra donc pas la vendre au prix de 3 fois la valeur comptable, payé en 2006.

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