Dexia apparaît comme la banque la plus exposée à la dette grecque

Ses 3,47 milliards d’euros d’emprunts d’Etat à fin mars représentent 89 % de sa capitalisation boursière et 19 % de ses fonds propres tier one
Alexandre Garabedian
Photo: Jock Fistick/Bloomberg
Photo: Jock Fistick/Bloomberg  - 

Crédit Agricole SA ou la Société Générale ont beaucoup fait jaser en raison de leur présence physique en Grèce. Mais il est une banque européenne qui, en proportion, apparaît beaucoup plus exposée à une restructuration de la dette souveraine grecque: Dexia.

Le groupe belge détenait à fin mars 3,47 milliards d’euros d’emprunts d’Etat grecs à son bilan, le deuxième plus gros montant après les 5 milliards d’euros de BNP Paribas. La comparaison s’arrête là. «A 19% du capital tier one, cette exposition est proportionnellement la plus élevée parmi les banques européennes», notent les analystes de CreditSights dans une étude publiée lundi. Si l’on y ajoute les 1,83 milliard de dette d’Etat portugaise, l’exposition approche les 30% du capital tier one. La seule dette publique grecque représente encore 89% de la capitalisation boursière de Dexia, un record selon le pointage effectué par le courtier Tullett Prebon.

Les marchés de crédit en ont déjà tiré leurs conclusions. Revenu à 240 points de base début avril, le CDS 5 ans sur la dette senior de la banque s’est tendu depuis à 380 pb. Sur la dette subordonnée, le CDS tutoie les 800 pb, contre 500 pb il y a trois mois. Une correction presque trop violente, selon les analystes de CreditSights, pourtant guère convaincus par la signature du groupe. «Il s’agit des niveaux les plus larges pour une grande banque en dehors des pays périphériques, note le bureau. Le différentiel entre dette senior et dette subordonnée, ainsi qu’entre la dette senior et la dette d’Etat belge, est aussi inhabituellement large. Cela reflète une vision trop baissière, même en tenant compte des tendances négatives dans les fondamentaux du groupe».

Le dossier grec n’est pas la seule épine dans le pied de Dexia. Contrainte de réinventer son modèle d’activité, la banque se distingue par la fragilité de son bilan. Elle portait à fin mars 8,5 milliards d’euros de pertes latentes sur ses placements, dites «réserves AFS» négatives. Un montant qui devrait être réduit de 2 milliards après l’annonce d’une cession accélérée du portefeuille obligataire hérité de la crise. Sous Bâle 3, les réserves AFS négatives devront être déduites en totalité des fonds propres durs (common equity tier one, CET1) des banques. En appliquant dès aujourd’hui la formule à Dexia, son tier one et son core tier one tomberaient à 7,2% et 6,1%, contre 13,4% et 12,3%, calcule CreditSights.

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