Dexia achève son aventure turque avec une moins-value
Deux semaines après leur entrée en négociation exclusive, Dexia et le russe Sberbank ont signé un accord sur la vente de DenizBank, filiale turque du groupe franco-belge en cours de démantèlement. Les protagonistes espèrent conclure la transaction au quatrième trimestre. Le prix de base a été fixé à 6,47 milliards de lires turques (2,82 milliards d’euros). Mais en fonction de l’évolution de l’actif net de DenizBank d’ici à la date du closing, Sberbank (conseillée par Rothschild, Deutsche Bank et Troika Dialog) pourrait débourser jusqu’à 7,09 milliards de lires (3,1 milliards d’euros).
«Un prix de 2,9 milliards d’euros correspond à 1,33 fois la valeur comptable de DenizBank, écrit Dirk Peeters, analyste chez KBC. A titre de comparaison, Turkiye Garanti, la première banque turque cotée par la capitalisation, s’échange à 1,39 fois sa valeur comptable et Akbank TAS, dont Citigroup détient 10%, à 1,24 fois. Turkiye Is Bankasi, la première banque du pays en termes d’actifs, s’échange, elle, à 0,95 fois sa valeur comptable.» Le prix qu’en tire Dexia, conseillé par Bank of America, est donc relativement satisfaisant. Qatar National Bank, seul autre candidat en lice, valorisait DenizBank à un multiple compris entre 1 et 1,2, indiquait Bloomberg en mars.
Mais la pilule reste amère: l’établissement turc a été acquis en 2006 pour 2,52 milliards d’euros, équivalent à 4,5 fois sa valeur comptable, un record en Turquie. Pierre Mariani, le patron de Dexia, avait annoncé fin mai que le prix de vente de la filiale obligerait le groupe à passer dans ses comptes une moins-value de 700 millions d’euros.
Une source proche a indiqué jeudi à L’Agefi que DenizBank était valorisée 3,7 milliards d’euros dans les comptes consolidés du groupe, suggérant une moins-value plus importante que prévu si le prix de vente restait à 2,82 milliards. Mais Dexia se déclare confiante dans la probabilité d’atteindre les 3 milliards. La vente libérerait en outre 20 milliards d’euros d’encours pondérés (risk weighted assets).
«L’opération est une étape importante dans la restructuration et le démantèlement de Dexia. Même si le groupe enregistre une moins-value […], elle aura un effet positif notable sur ses ratios réglementaires», soulignent les analystes de CreditSights. Pierre Mariani a en effet indiqué vendredi que le produit de la cession et les actifs pondérés libérés apporteront de 400 à 500 points de base au ratio de fonds propres tier one du groupe.
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