Deutsche Bank trébuche sur son coût du risque
Sur le papier, Deutsche Bank avait tout pour réjouir les investisseurs avec ses résultats du troisième trimestre. Ses revenus ont augmenté de 5%, à 7,5 milliards d’euros, soit 200 millions d’euros de mieux qu’attendu par les analystes, et son profit net a bondi de 39%, à 1,67 milliard d’euros. Une performance supérieure de 7% aux prévisions du consensus qui a notamment été portée par une reprise de provisions de 440 millions d’euros liée à Postbank, de bon augure pour la rémunération des actionnaires.
Ces résultats favorables ont toutefois été éclipsés par une détérioration plus marquée que prévu des provisions pour pertes de crédit, qui ont plus que doublé, à 494 millions d’euros, contre 441 millions anticipés par les analystes. Les dirigeants prévoient en outre des provisions de 1,8 milliard d’euros sur l’ensemble de l’année, contre 1,74 milliard estimés par les analystes, et un coût du risque de 38 points de base alors qu’ils anticipaient auparavant un niveau «légèrement supérieur à 30 pb».
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Prises de bénéfices
En réaction, l’action Deutsche Bank cotée à Francfort reculait de 2,7% mercredi en fin de matinée après avoir perdu jusqu’à 5% en début de séance. «Le raté sur les provisions éclipse encore les progrès réalisés ailleurs», ont réagi les analystes d’UBS dans une note. Le titre de la banque allemande subit sans doute également des prises de bénéfices après une hausse de près de 30% en un an.
La solide croissance des revenus a été portée par la banque d’investissement qui a vu son activité grimper de 11%, à 2,5 milliards d’euros, soit 100 millions de mieux que prévu par les analystes. Les revenus de la banque commerciale ont en revanche reculé de 3%, à 1,84 milliard d’euros, ceux de la banque privée sont restés globalement stables à 2,32 milliards et la gestion d’actifs s’est améliorée de 11%, à 660 millions d’euros.
Aidé par une hausse de son ratio de solvabilité CET1 de 30 points de base, à 13,8%, et par la résolution de la plupart des litiges liés à Postbank, le groupe a par ailleurs demandé à la Banque centrale européenne l’autorisation de procéder à de nouveaux rachats d’actions. Le directeur général, Christian Sewing, compte toujours «dépasser l’objectif initial de distributions aux actionnaires» qui visait un retour de 8 milliards d’euros sur la période 2022-2026.
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