Deutsche Bank prend les devants pour publier une chute de son résultat trimestriel
Tenter de prévenir plutôt que guérir. Deutsche Bank a ajouté hier son nom à la liste des grandes banques d’investissement dont les résultats se sont dégradés au deuxième trimestre. La principale banque allemande a expliqué avoir souffert de la dépréciation de l’euro et du recul de ses revenus de trading. Deutsche Bank a récemment fait l’objet de rumeurs lui prêtant l’intention de se séparer de 10% de ses effectifs en banque d’investissement sur fond de repli de l’activité.
Sans attendre la date prévue initialement, le 31 juillet, la banque a publié des résultats trimestriels provisoires faisant ressortir un bénéfice imposable voisin d’un milliard d’euros au deuxième trimestre, contre 1,8 milliard il y a un an. Les analystes financiers prévoyaient en moyenne un résultat de 1,4 milliard selon Thomson Reuters Starmine.
Deutsche Bank explique que la faiblesse de l’euro a eu pour effet de gonfler ses coûts en dollar et en livre. Son bénéfice net trimestriel devrait ainsi tomber à environ 700 millions d’euros, contre 1,2 milliard au deuxième trimestre 2011 et 1,0 milliard attendu par le marché. «Les résultats sont plus faibles qu’anticipé, principalement à cause des coûts et du coût du risque», a commenté Philipp Haessler, analyste chez Equinet. Les coûts sont ainsi supérieurs de 300 millions aux attentes, note de son côté Guido Hoymann chez Metzler. L’analyste ajoute que les résultats ne semblent pas inclure une provision pour couvrir les coûts éventuels liés au scandale du Libor. Une enquête interne à Deutsche Bank a révélé que deux anciens traders du groupe pourraient avoir été impliqués dans la manipulation du taux interbancaire, tout en mettant hors de cause l’équipe dirigeante, ont à ce sujet déclaré trois sources à Reuters.
Deutsche Bank a précisé que son ratio de fonds propres «core Tier 1» était de 10,2% fin juin, en confirmant son objectif d’un ratio de 7,2% en fin d’année sur la base de critères plus stricts. Philipp Haessler d’Equinet signale que les résultats provisoires publiés hier soir semblent écarter tout risque d’augmentation de capital, «ce qui aurait été mauvais signe pour les investisseurs».
La banque ajoute que la baisse prévue de son résultat net annuel devrait être atténuée par de nouvelles mesures de réduction des risques. En début d’année, le groupe avait dit tabler sur un bénéfice net d’environ trois milliards cette année.
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