Deutsche Bank met genou à terre sous le poids des coûts d’acquisition
Deutsche Bank est sortie par surprise du bois hier soir pour faire part de résultats préliminaires bien décevants au titre du trimestre à fin décembre. Sous le coup des charges d’intégration de Deutsche Postbank et de Sal. Oppenheim et de restructuration de son activité de banque d’investissement, le résultat imposable trimestriel devrait avoisiner 700 millions d’euros. Contre 756 millions pour les trois derniers mois de l’exercice 2009, et là où le consensus Reuters attendait 1,29 milliards d’euros. Les comptes trimestriels complets de Deutsche Bank seront présentés après-demain.
Le numéro un du secteur bancaire outre-Rhin a ajouté que le bénéfice net était de l’ordre de 600 millions d’euros contre 1,3 milliard un an auparavant et un consensus donnant 889 millions. Cela pour un produit net bancaire tout de même en augmentation attendue d’un tiers, passant de 5,5 milliards d’euros fin 2009 à 7,4 milliards.
Les dépenses non liées aux intérêts ont il est vrai bondi de 4,2 à 6,3 milliards d’euros en raison de la consolidation de Postbank, acquise en novembre dernier, et du gérant de fortune Sal. Oppenheim, ainsi que «des investissements accélérés réalisés pour réaligner la banque», y compris la banque d’investissement et la banque d’entreprise. Le directeur général Josef Ackermann a présenté les acquisitions de la principale banque allemande en termes de dépôts et du gestionnaire de fortune comme un moyen de réduire la dépendance de Deutsche Bank envers la banque d’investissement. Le groupe entend toujours doubler son résultat imposable cette année à 10 milliards d’euros. Cet objectif, comme le rappelle le Financial Times, apparaît ambitieux selon nombre d’analystes, certains estimant que le directeur général pourrait ne pas aller au terme de son contrat en 2013. L’exercice en cours serait alors le dernier complet pour Josef Ackermann. Jon Peace chez Nomura a dès lors confié au quotidien que le fait d’«inclure les coûts d’intégration aux comptes 2010 rendra la réalisation des objectifs 2011 ambitieux plus aisée».
Aux yeux de Christopher Wheeler, analyste chez Mediobanca à Londres, l’annonce de Deutsche Bank hier soir se résumait à «des coûts supérieurs (aux) attentes et des revenus tout à fait en ligne». Pas de quoi remettre en cause les bonnes perspectives de résultats à l’issue de la crise financière mises en avant par le gérant Sonny Lin de Pillar Pacific Capital Management.
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