Des investisseurs institutionnels français vont attaquer Danske Bank en justice
Danske Bankdoit désormais faire face à la colère de ses investisseurs. Le cabinet d’avocats américain Pomerantz, spécialisé dans les recours collectifs, a annoncé mercredi qu’une douzaine d’investisseurs institutionnels déposeront plainte cet été au Danemark contre la banque. «Nous représentons les plus grandes institutions financières (fonds de pension, société de gestion) aux États-Unis, en France, en Allemagne et aux Pays-Bas», indique l’avocat Eitan Lavie, chez Pomerantz. Les plaignants, dont la moitié sont français, ont tous détenu des actions Danske Bank cotées à la Bourse de Copenhague entre le 1er janvier 2007 et aujourd’hui.
Avec la révélation du scandale de blanchiment d’argent, le titre du groupe danois a perdu plus de 50% de sa valorisation boursière. «Nous estimons que le préjudice potentiel agrégé sur l’ensemble de nos clients s’élève à près de 16 milliards de dollars (14,2 milliards d’euros ndlr)», a déclaré Jeremy Lieberman, managing partner chez Pomerantz. Ce calcul se base sur ce qu’aurait été le mouvement boursier de Danske Bank si les révélations n’avaient pas eu lieu. «Le nombre d’investisseurs rejoignant la procédure ne fait qu’augmenter donc le montant des dommages va sans doute grandir», a-t-il ajouté. L’ex-directeur général du groupe Thomas Borgen est visé par la plainte civile comme d’autres figures de la direction comme Jacob Aarup Anderson, ex-directeur financier de Danske.
Cette plainte s’ajoutera à celle déposée en marspar des investisseurs institutionnels de 19 pays représentés par les cabinets américains Grant & Eisenhofer et DRRT. Ces derniers réclament 475 millions de dollars (418 millions d’euros) d’indemnités à Danske Bank. L’établissement danois risque par ailleurs des amendes pénales aux États-Unis, au Danemark, en Estonie, en Grande-Bretagne et en France. La banque est accusée d’avoir fait transiter quelque 200 milliards d’euros de fonds suspects via sa filiale estonienne entre 2007 et 2015 dans ce qui apparaît comme le plus scandale de blanchiment d’argent en Europe. Danske Bankqui ne s’attend pas à ce que les procédures judiciaires en cours «aient un impact matériel sur ses finances» n’a provisionné que 76 millions de couronnes danoises (10 millions d’euros) pour litiges en 2018, contre 92 millions de couronnes danoises en 2017 (12 millions d’euros), d’après son rapport annuel.
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