« Des équipes multipliées par trois ou quatre »
Sébastien d’Aligny, associé en charge de la conformité et de la règlementation bancaire chez PwC France
Qu’est-ce qui a changé ces dernières années dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme menée par les banques ?
La multiplication des contrôles et des sanctions les ont incitées à multiplier par deux ou trois leurs équipes, et à mettre en place des départements dédiés à la sécurité financière. Une étude que nous avons réalisée il y a un an et demi montrait que la LCB-FT représentait en moyenne 0,4 % de l’ensemble des effectifs des banques. Autrement dit, dans un groupe qui emploie 150.000 collaborateurs, 600 experts travaillent exclusivement au quotidien sur les aspects LCB/FT.
Quels profils composent ces équipes ?
Les banques ont commencé par recruter des juristes. Elles se sont rendu compte que cette approche avait ses limites. Un dispositif LCB-FT efficient nécessite en effet une bonne compréhension des enjeux opérationnels ainsi qu’une connaissance solide des activités de la banque et des produits. Elles cherchent donc à renforcer leurs équipes avec des collaborateurs issus des fonctions opérationnelles et commerciales. Les professionnels issus de l’audit interne sont également très appréciés pour leur capacité à travailler en interaction avec l’ensemble des métiers, l’efficacité des dispositifs LCB-FT reposant aussi sur l’implication de l’ensemble des collaborateurs.
Les équipes LCB-FT sont-elles arrivées à maturité aujourd’hui ?
Nous avions posé cette question aux directeurs de la conformité dans notre étude. Ils nous avaient répondu qu’ils devaient encore renforcer leurs compétences techniques. Les cellules LCB-FT commencent donc à recruter des data scientists et des experts en intelligence artificielle afin de développer des outils qui permettront d’affiner les schémas de détection et de traiter automatiquement certaines transactions. Les experts pourront ainsi se concentrer sur les alertes les plus pertinentes.
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