Danske Bank voit une nouvelle fois son destin lié à sa rivale suédoise SEB
Fragilisée par le départ inopiné de son ancien directeur général Eivind Kolding, la banque danoise Danske Bank voit ressurgir des rumeurs associant son destin à celui de sa rivale suédoise SEB. L’action de l’établissement a clôturé hier en hausse de 0,9%, à 123 couronnes danoises, après avoir gagné jusqu’à 2,4% en séance. Ce regain d’agitation est survenu après la publication par le quotidien suédois Dagens Industri d’un article évoquant, sans citer ses sources, l’examen d’un projet de fusion éventuelle.
Dans un entretien accordé à Bloomberg, le nouveau directeur général de Danske Bank, Thomas Borgen, précédemment responsable de la division «financement des entreprises et institutions», a jugé insatisfaisant le rendement offert aux investisseurs au cours des cinq dernières années. Sur cette période, l’action a progressé de 3,8% seulement, contre une hausse de 61% pour l’indice OMXC20, et l’établissement n’a pas versé le moindre dividende à ses actionnaires. Plus récemment, sur les six premiers mois de l’année, le groupe a dégagé un rendement des fonds propres (RoE) inférieur de moitié à l’objectif de 12% qu’il s’est assigné.
Danske Bank souffre d’une image fortement dégradée dans le pays, notamment en raison de son implication dans les fondements de la crise financière au Danemark. Selon une commission mandatée par le gouvernement sur le sujet, les ambitions internationales de la banque avant la crise ont mis l’économie toute entière en péril. Danske a également dû faire face au lancement raté d’un nouveau modèle de tarification en janvier dernier. Depuis cet épisode, 40.000 clients ont déserté mais le groupe assure avoir préservé ses parts de marché grâce à une partie de sa clientèle existante.
Un rapprochement entre Danske et SEB pourrait être facilité par le fait que le président de Danske, Ole Andersen, a été associé chez EQT Partners, le fonds d’investissement de la famille Wallenberg, dont l’un des membres, Marcus Wallenberg, préside SEB. Des analystes reçoivent toutefois avec circonspection ces rumeurs récurrentes de naissance d’un grand rival face à Nordea. «(…) Ce genre d’histoire provient simplement des banquiers d’investissement présentant différentes opérations pour gagner des mandats», relativise Christian Hede chez Jyske Bank. Aucune des parties concernées n’a souhaité faire de commentaires.
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