« Dans les BFI, la rétention des talents mobilise DRH et managing directors »
Amaury La Clavière, senior manager en charge de la division banque d’investissement chez Robert Walters
Comment vont s’orienter les rémunérations pour les cadres de banques de financement et d’investissement (BFI) en 2018 ?
Dans les métiers des BFI, si l’environnement est globalement favorable, les fixes des cadres ne devraient pas afficher d’augmentation sensible. D’abord parce que les établissements sont limités par leur volonté de maîtriser les structures de coûts. Ensuite, parce qu’il faut veiller à ne pas créer de trop grande distorsion entre les cadres présents dans l’entreprise et ceux nouvellement recrutés qui ont pu négocier des salaires d’entrée élevés.
Le Brexit devrait-il produire des effets positifs sur les rémunérations ?
Les conséquences du Brexit sur l’emploi et les rémunérations des cadres de BFI se précisent, mais petit à petit. Oui, il s’agit d’effets positifs qui tendent à soutenir les niveaux des packages, voire à les tirer un peu vers le haut. Dans ce cadre, les financiers français basés à Londres qui veulent revenir à Paris ont une carte à jouer.
Qu’attendre des bonus en 2018 ?
Sur la partie variable/bonus, il est encore un peu tôt pour avoir une réelle visibilité sur les enveloppes qui vont être distribuées au premier trimestre par les BFI françaises. Cependant, leur allocation sera guidée par un grand objectif : récompenser les collaborateurs qui ont généré du profit sur leur ligne métier/desk. Car dans un marché du recrutement tendu, les employeurs ont besoin de retenir les talents.
Cette rétention des talents a-t-elle un impact sur les rémunérations ?
Aujourd’hui, ce sujet mobilise les DRH et les managing directors dans les BFI. Qu’il s’agisse d’opérationnels gérant des P&L (compte de résultat, NDLR) ou d’experts de fonctions transversales comme la conformité. Les candidats à certains postes experts/techniques ont conscience des tensions sur le marché de l’emploi et peuvent chercher à faire monter les enchères au moment de la négociation de la rémunération. Il arrive parfois que les fixes de certains professionnels au profil technique puissent se rapprocher de ceux en front-office, au grade de vice president /VP confirmé par exemple (de 6 à 10 ans d’expérience).
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