Credit Suisse renforce son capital en échangeant des titres du Qatar
Grâce à ses nouveaux titres contingents, le Qatar détient 21,7% des droits de vote au sein de la banque pour seulement 5,2% du capital
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Amélie Laurin
Les liens tissés en 2008 portent encore leurs fruits. Le 23 octobre, le fonds souverain du Qatar a troqué contre du capital contingent (CoCos) des titres de Credit Suisse, acquis il y a cinq ans lors du renflouement du groupe helvétique.
Révélée dans le rapport trimestriel de la banque, l’opération doit lui permettre d’améliorer son ratio de solvabilité dans des proportions qui ne sont toutefois pas précisées. Approuvée par le régulateur suisse, elle consiste en l’échange de 4,22 milliards de francs suisses (3,5 milliards d’euros) de titres tier 1 en «montants équivalents d’instruments à seuil de déclenchement élevé».
Ces obligations seront en effet converties en capital si le ratio de fonds propres de Credit Suisse descend en dessous d’un certain seuil. Le Qatar dispose toutefois d’un coussin de sécurité élevé: le ratio de fonds propres durs Bâle 3 de Credit Suisse atteignait 16,3% à fin septembre, soit plus du double du seuil de 7% qui conduirait à l’activation des CoCos, a déclaré la société lors de la présentation de ses résultats du troisième trimestre. Ce niveau très élevé lui permet de se conformer aux règles suisses de solvabilité, plus élevées que les standards de Bâle. A la fin du troisième trimestre, les fonds propres durs de Credit Suisse s’élevaient à 43,8 millions de francs.
En 2008, la banque avait levé 10 milliards de francs auprès du Qatar, d’Israël et de l’Arabie Saoudite. Le 24 octobre de cette année-là, Credit Suisse avait notifié que Qatar Holding, le véhicule d’investissement du royaume, détenait 8,9% du capital de Credit Suisse en actions, et 1% via des dérivés, soit 9,9% des droits de vote. Cinq ans plus tard, il possède 5,2% du capital et 21,73% des droits de vote. La différence tient au mécanisme de capital contingent. S’il était activité, le Qatar recevrait environ 16% des actions de Credit Suisse. Depuis le début de l’année, ces dernières se sont appréciées de 31%.
Le fonds souverain du pays n’a pas seulement jeté son dévolu sur la banque helvétique. Il a bâti une position de plus d’un milliard de dollars au capital de Bank of America où il est entré il y a deux ans, indiquait le Financial Times du 31 octobre. Sorti de Barclays en 2012, le Qatar est également toujours actionnaire d’Agricultural Bank of China.
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