Crédit Agricole SA s’oriente vers une deuxième année déficitaire
Crédit Agricole SA (CASA) se dirige vers une deuxième année consécutive de perte. Après un troisième trimestre se soldant par une perte de 2,8 milliards d’euros, le résultat net dégagé sur les neuf premiers mois de l’année se révèle déficitaire de 2,5 milliards d’euros. En 2011, la structure cotée de la banque verte avait déjà signé une perte de 1,5 milliard d’euros, sous le poids de sa douloureuse aventure grecque, désormais soldée.
«Ces résultats sont la marque d’une période de transition avec les déconsolidations d’Emporiki, Cheuvreux et Bankinter. Mais les résultats traduisent tout de même une performance médiocre dans l’activité», relève Credit Suisse. La perte du troisième trimestre se révèle très supérieure aux attentes des analystes (-1,9 milliard d’euros).
Parmi les éléments exceptionnels, au-delà des pertes attendues sur la réévaluation de sa dette pour 647 millions d’euros et sur la cession d’Emporiki à Alpha Bank pour 2 milliards d’euros, CASA a enregistré au troisième trimestre une dépréciation inattendue de 181 millions d’euros dans le cadre de la cession en cours de son courtier Cheuvreux. La structure cotée a également inscrit une charge de 193 millions d’euros liée à la déconsolidation de la banque espagnole Bankinter dont elle détient 19,4%. Si la banque a reçu des offres sur cette participation, elle n’a pas donné suite en raison de prix trop bas, a indiqué Bernard Delpit, directeur financier de CASA.
Enfin, la banque a surpris en annonçant une dépréciation d’écart d’acquisition de 572 millions d’euros dans ses activités de crédit à la consommation en Italie. Retraité des exceptionnels, le bénéfice ressort à 716 millions d’euros, là encore inférieur aux attentes (786 millions d’euros), pour un produit net bancaire en recul de 32% à 3,4 milliards d’euros.
Dans la banque de détail en France, les performances ont déçu. «Contrairement aux autres réseaux (BNP Paribas et la Société Générale), LCL affiche une nette dégradation de la charge du risque à 38 points de base (pb) contre 28 pb au deuxième trimestre et 34 au premier. Compte tenu d’une part des particuliers plus élevée que dans les autres réseaux, cette détérioration est préoccupante», relève Oddo Securities. La contribution des caisses régionales au résultat de CASA a reculé de 3,5%. Vendredi, le titre a chuté de 5,7%.
Plus d'articles du même thème
-
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne. -
Les émetteurs high yield déjouent les pièges des refinancements
Le marché primaire euro pour les entreprises à haut rendement est resté très actif en septembre, malgré les tensions sur les taux et, dans une moindre mesure, sur les spreads. Mais les investisseurs se montrent prudents face à des valorisations élevées et des dossiers parfois complexes.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant -
Coup de pouceMédicaments innovants : un effort pour les laboratoires pharmaceutiques mais sans financements supplémentaires
L'accord-cadre signé lundi soir entre l'industrie pharmaceutique et l'administration promet des prix plus élevés pour les nouveaux médicaments... mais seulement durant les premières années de commercialisation