Crédit Agricole SA renforce ses fonds propres en rachetant sa dette

Le véhicule coté, dont la solvabilité est plus faible que celle du groupe, suit la voie tracée par ses concurrents français et européens
Alexandre Garabedian

Crédit Agricole SA (CASA) cède à son tour à la vogue des rachats de dette subordonnée. Objectif: dégager des plus-values pour renforcer les fonds propres durs et faire disparaître des titres qui ne compteront plus dans les ratios de solvabilité sous Bâle 3. Comme tant d’autres banques européennes, dont BPCE, BNP Paribas et la Société Générale, l’ont fait depuis l’automne, le groupe a annoncé hier des offres de rachat sur différents instruments hybrides.

La banque verte vise, d’une part, 1,5 milliard de dollars de titres super subordonnés émis en 2007, et qui seront repris à 72% du pair. L’autre volet de l’offre porte sur l'équivalent de 2,1 milliards d’euros, sur sept lignes libellées en euro, dollar canadien et sterling, avec un ordre de priorité. Pour ces dernières, les prix proposés oscillent entre 52% et 79% du pair. Les offres de rachat s’ouvriront le 3 février.

Au total, la banque reprendra au maximum l’équivalent de 2,1 milliards d’euros de titres en valeur nominale. En tenant compte de ce plafond et en supposant que 50% des porteurs de chaque ligne apportent à l’offre - un taux qui a pu être observé lors de transactions de ce type chez Lloyds ou Commerzbank - le groupe pourrait dégager jusqu’à 480 millions d’euros de gains avant impôt, selon nos calculs.

La plupart des banques européennes ont utilisé de tels exercices de gestion de leur dette comme un moyen de respecter le ratio de solvabilité de 9% que l’Autorité bancaire européenne (EBA) leur a enjoint de respecter fin juin 2012. UniCredit, qui doit trouver 7,9 milliards d’euros, a ainsi annoncé mercredi qu’elle rachètera jusqu’à 3 milliards d’euros d’instruments hybrides, ce qui, selon les analystes de CreditSights, lui permettrait d’engranger 750 millions de gains avant impôt.

Le cas de Crédit Agricole n’est pas aussi urgent. L’EBA, qui raisonne à l’échelle du groupe avec 100% des caisses régionales consolidées, a estimé que la banque verte était déjà au-dessus de l’objectif. En revanche, CASA affiche une solvabilité bien plus faible, et ne communique d’ailleurs plus d’objectifs chiffrés à ce sujet (L’Agefi Quotidien du 19 décembre 2011). L’opération annoncée hier est donc bienvenue, en attendant la mise en place d’un projet plus lucratif : un mécanisme interne avec les caisses qui ferait économiser au véhicule coté les fonds propres liés à ses participations dans les assureurs Predica et Pacifica.

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