Crédit Agricole SA prépare sa mue avec Philippe Brassac
Tradition respectée au Crédit Agricole. Philippe Brassac, le secrétaire général de la FNCA, la Fédération nationale du groupe, s’apprête à prendre la direction générale de Crédit Agricole SA, l’organe central et véhicule coté, selon des sources internes. Premier actionnaire de CASA (56% du capital) au travers de la SAS La Boétie, «les caisses régionales soutiennent Philippe Brassac», indique une source proche.
Le directeur général de la caisse de Provence-Côte d’Azur est d’ailleurs le seul candidat déclaré à ce stade, comme l’indique Le Monde. Dans un groupe où, sauf crise majeure, le secrétaire général de la FNCA est appelé depuis 2001 à devenir le DG du véhicule coté, Philippe Brassac était donné favori en interne depuis plusieurs mois.
Il n’est pas encore certain que la succession de Jean-Paul Chifflet, dont le mandat s’achève en mai, sera actée d’ici à la publication des résultats de la banque verte, le 18 février avant Bourse. Le conseil d’administration de CASA qui se tient la veille sera avant tout consacré aux comptes.
Selon certaines sources, Xavier Musca pourrait par ailleurs jouer un rôle de numéro deux de Philippe Brassac dans la nouvelle gouvernance, même si certains récusent l’idée d’un «tandem». L’ancien secrétaire général de l’Elysée, aujourd’hui en charge de la banque de détail à l’international, de la gestion d’actifs et de l’assurance, est arrivé en 2012 en démineur du dossier Emporiki, à la demande des pouvoirs publics. Il est l’un des quatre directeurs généraux délégués de CASA, aux côtés de Bruno de Laage, proche de la retraite, Jean-Yves Hocher, patron de CA CIB et de la banque privée, et Michel Mathieu, en charge des fonctions centrales. «Les relations avec Xavier Musca sont très bonnes», indiquent plusieurs proches.
Derrière ce mouvement attendu se joue la réforme de la gouvernance du Crédit Agricole. A la FNCA, Philippe Brassac a poussé le projet de réorganisation de l’organe central (ROC), visant à transférer ces fonctions de CASA vers une structure détenue à 100% par les caisses régionales. Le chantier vise à mieux aligner les intérêts des deux pôles de la banque verte – caisses régionales et véhicule coté – et à rendre le groupe plus lisible à l’extérieur, comme peut l’être BPCE.
Révélateur de tensions internes qui ont dégénéré en crise de gouvernance début décembre, le projet ROC est suspendu au renouvellement de la direction de Crédit Agricole SA.
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