Crédit Agricole SA met fin au calvaire boursier d’Emporiki
Fin de partie boursière pour Emporiki. Son actionnaire à 91%, Crédit Agricole SA, a annoncé hier le lancement d’une offre publique d’achat portant sur les 4% du capital que le groupe ne détient pas encore, puisque les caisses régionales en contrôlent 5% à travers leur holding Sacam International. La filiale grecque devrait donc être radiée de la cote dans les semaines à venir, épilogue logique de son triste parcours boursier.
Au prix unitaire de 1,76 euro proposé par Crédit Agricole SA pour mettre la main sur 20,47 millions de titres, Emporiki était valorisée hier à moins de 900 millions d’euros. Encore faut-il tenir compte de la prime de 37,5% offerte par la banque verte sur le dernier cours de bourse du 23 mai (1,28 euro): exigence légale, le prix de 1,76 euro correspond au maximum payé lors des six derniers mois par Sacam et CASA, qui ramassent régulièrement des titres. Lundi soir encore, le titre Emporiki affichait une chute de 18% en 2011, et de 62% sur un an.
La destruction de valeur est encore plus spectaculaire si l’on se rappelle que le titre traitait au-dessus de 20 euros début 2008. Mi-2006, pour mettre la main sur l’établissement, le Crédit Agricole avait proposé 25 euros par action. L’offre valorisait alors la cible à 3,3 milliards d’euros. Depuis, Emporiki a dû réaliser plusieurs augmentations de capital pour éponger ses pertes.
Hormis un débours de 36 millions d’euros, l’opération n’aura pas d’impact sur la banque française, qui consolide entièrement sa filiale. Le retrait est avant tout motivé par la faible liquidité de l’action Emporiki. A peine quelques milliers de titres sont échangés chaque jour à Athènes. Et le 30 mai, l’action devait être transférée sur un autre compartiment, à négociation hebdomadaire.
Le retrait de la cote n’a donc pas de lien direct avec la sanction prononcée le 20 mai par S&P. L’agence a dégradé d’un cran, à A+, la note de crédit long terme de Crédit Agricole SA en raison de la sensibilité de la banque à l’économie grecque. L’exposition du groupe à la dette souveraine grecque reste limitée (631 millions d’euros fin mars, dont une centaine via Emporiki), mais si l’économie du pays devrait encore se dégrader, la filiale remonterait de nouvelles pertes dans les comptes de sa maison-mère. Censée revenir dans le vert courant 2012, Emporiki n’a d’ailleurs pas publié de comptes en réelle amélioration au premier trimestre.
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