Covéa se réorganise pour gagner en puissance de feu
Thierry Derez, le PDG de Covéa, veut gagner en agilité. L’assureur vient de lancer une vaste réorganisation juridique et financière, ont indiqué des sources proches à L’Agefi. Le projet prévoit la création d’une société anonyme holding, Covéa Coopération, qui sera détenue par les différentes mutuelles (MMA, Maaf, GMF…) aujourd’hui associées à travers la Société de groupe d’assurance mutuelle Covéa.
Cette holding sera en retour actionnaire à 100% de filiales opérationnelles. Le groupe, qui ne fait pas de commentaires, veut aller vite, avec une mise en place dès le 1er janvier 2013.
Covéa gagnerait en muscle. La SGAM revendique 9 milliards d’euros de fonds propres à fin 2011. «Mais il reste beaucoup de réserves et de plus-values latentes au niveau des mutuelles», relève un observateur. Ce montage permettrait d’en faire remonter une partie au niveau de la holding pour en porter les fonds propres à 15 milliards d’euros, confient deux sources à L’Agefi.
La prise de décision en sera aussi facilitée. Le conseil de Covéa Coopération compterait 18 membres, six pour chacune des trois maisons du groupe. Outre Thierry Derez, on y retrouverait Jean-Claude Seys, fondateur de Covéa et vice-président du conseil d’administration, et Christian Baudon, le directeur général des MMA. C’est ce conseil, qui, demain, voterait par exemple une acquisition d’envergure, alors que la gouvernance de l’assureur requiert pour l’heure le feu vert des trois conseils de MMA, Maaf et GMF.
En interne, le projet a été présenté comme «une évolution, pas une révolution». Covéa adopterait pourtant un modèle déjà choisi par Groupama ou par Axa. «Encore plus qu’aujourd’hui, Thierry Derez aurait les coudées franches pour mener à bien ses projets», estime une source interne.
Cette réforme devrait relancer les spéculations sur d’éventuels projets de croissance externe. Le nom du groupe a circulé depuis un an comme repreneur potentiel de Groupama en raison des difficultés de son concurrent, lui-même affaibli par une politique de développement mal maîtrisée, notamment à l’international.
Un écueil que devra d’ailleurs éviter Covéa dans sa nouvelle configuration. Certains gardent toujours en mémoire le rapprochement avorté avec Ethias en juillet 2008, quelques semaines avant que la sous-capitalisation de la mutuelle belge, sauvée par l’Etat, n’éclate au grand jour. Un projet porté à l’époque par Thierry Derez.
Plus d'articles du même thème
-
Le secteur privé en France ralentit davantage que prévu, l'Allemagne accélère
L'activité privée dans l'Hexagone a nettement reculé en octobre, l'incertitude politique pèse. En Allemagne, l'embellie se confirme. -
Viridien poursuit son désendettement et confirme son objectif annuel
Le groupe a ainsi confirmé son objectif de 100 millions de dollars de cash-flow net en 2026. -
Indexa Capital déploie son offre de gestion sous mandat sur compte-titres en France
Le service de gestion automatisée espagnol Indexa Capital complète son catalogue tricolore avec le lancement d’un service de gestion de portefeuilles de fonds indexés sur compte-titres. Les frais annuels totaux s’élèvent en moyenne à 0,69 % par an.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
Tout feu tout flamme
Avant de devenir l’icône du parfum que l’on connaît, Diptyque est née d’un cabinet de curiosités germanopratin, imaginé par trois artistes aux goûts résolument éclectiques. -
« Un freinage est impératif pour sauver la Sécurité sociale »
Pour Olivier Henno, rapporteur général de la commission des affaires sociales du Sénat, voter un PLFSS avec un déficit accru serait irresponsable -
Lignes de fondBCE : le départ surprise de Christine Lagarde doit nous inquiéter
En anticipant son départ de Francfort, la présidente de l'institution anticipe-t-elle une tempête financière majeure menaçant la France et qui la placerait dans une inconfortable situation de conflits d'intérêts ?