Covéa dit renoncer à un rapprochement avec Scor
L’assureur Covéa, qui coiffe les enseignes MMA, Maaf et GMF, a indiqué mardi midi «qu’un rapprochement avec Scor ne fait plus partie de ses options stratégiques». Le groupe coopératif et son patron Thierry Derez étaient engagé depuis fin août dans une passe d’armes avec le réassureur et son PDG Denis Kessler (photo). Covéa détient 8,1% du capital du Scor et lui avait publiquement proposé un rapprochement début septembre, en proposant un prix de 43 euros par action Scor.
«Covéa a constaté le refus de Scor d’engager tout dialogue en relation avec son projet de rapprochement amical proposé le 24 août 2018. Les attaques et manoeuvres hostiles et répétées dont Covéa a fait l’objet depuis lors se sont intensifiées ces derniers jours», indique un communiqué.
En légère hausse avant cette annonce faite durant les heures de cotation, l’action Scor s’est violemment retournée à la baisse. Elle perdait jusqu'à 13,3% peu avant 13 heures, à 35,7 euros, loin du prix évoqué par Covéa. Une manoeuvre pas du goût de Scor. Dans un communiqué, le réassureur dit avoir «décidé de porter cette affaire auprès de l’AMF. Le groupe n’avait pas été préalablement informé du changement de position de Covéa.»
Scor a par ailleurs décidé d’engager «des actions pénales contre Monsieur Thierry Derez et Covéa pour abus de confiance et recel d’abus de confiance», poursuit son communiqué. Il engage aussi «une action en responsabilité civile, contre Rothschild en France, et contre Barclays», les banques d’affaire de Covéa, «devant la High Court of Justice de Londres, pour violation grave de la confidentialité et du secret des affaires». En cause, affirme Scor, «le détournement, la transmission et l’usage illicites de documents et d’informations sensibles et strictement confidentiels de Scor dont bénéficiait Monsieur Thierry Derez en sa qualité d’administrateur en son nom propre» du réassureur.
Credit Suisse, qui n'épaule plus Covéa depuis novembre, n’est pas visé par ces procédures.
Un accord de standstill valable jusqu’en avril 2019 empêchait Covéa de passer le seuil des 10% de participation au capital. Interrogé par L’Agefi, un proche du groupe coopératif n’a pas précisé si Covéa comptait conserver ou se défaire de sa participation de 8,1%.
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