Commerzbank veut accélérer la réduction de son bilan
Opération nettoyage pour Commerzbank. La deuxième banque allemande s’est engagée à accélérer la cure d’amaigrissement de son bilan après avoir publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Le groupe de Francfort veut ramener ses actifs non stratégiques à 75 milliards d’euros d’ici à la fin de 2016, alors qu’il visait jusqu’alors un objectif de 90 milliards d’euros.
Ces actifs incluent du financement maritime (-14% en 2013), des prêts dans l’immobilier commercial (710 millions d’euros cédés récemment en Espagne) ou encore de la dette souveraine et municipale. Sur l’année 2013, grâce à «des conditions de marché favorables», le portefeuille a été réduit de 35 milliards d’euros pour s'établir à 116 milliards. Dans une note, Andreas Plaesier, analyste chez M.M. Warburg, estime que même si la réduction des actifs «a été couronnée de succès au cours des derniers trimestres et devrait se poursuivre», elle pourrait générer des pertes brutes plus importantes qu’anticipé par les investisseurs.
La banque est à l’instar de ses consœurs européennes sous l'œil attentif de la Banque centrale européenne qui mène sa revue de la qualité des actifs. Grâce à l’augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros effectuée l’an dernier, «nous avons remboursé en totalité les participations silencieuses détenues par le gouvernement allemand (via le Fonds de stabilisation des marchés financiers, ndlr) et Allianz, et avons encore renforcé la base de fonds propres de la banque», s’est félicité Martin Blessing, président du directoire de l'établissement. Le ratio de solvabilité common equity tier one (CET1, sous Bâle 3 fully loaded) a progressé à 9% à fin décembre 2013, atteignant l’objectif en avance sur le calendrier prévu. Le groupe vise désormais un ratio de plus de 10% à horizon 2016.
Sur le plan opérationnel, la banque a vu son résultat d’exploitation reculer de 11% au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent, à 89 millions d’euros. Si le résultat a plus que doublé dans la banque de détail (à 60 millions d’euros) et progressé dans la banque d’investissement (+40% à 90 millions d’euros), il a dégringolé dans la banque d’affaires (-42% à 220 millions). Le résultat net a dépassé les attentes en s'établissant à 64 millions d’euros, sous l’effet d’un recul des provisions pour créances douteuses (à 451 millions d’euros, contre 614 millions un an plus tôt).
Plus d'articles du même thème
-
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures. -
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le collège de l'AMF requiert une lourde sanction contre Auris Gestion et ses deux dirigeants
L’organe de poursuite a sollicité une amende d'un million contre la société de gestion, assortie d’un avertissement, et de 500.000 en cumulés contre deux de ses dirigeants.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Elle pourrait « causer un milliard de morts » : Bill Gates appelle à une forte régulation de l'IA dans les mois à venir
« Aucune arme ne s’est avérée aussi puissante que des outils d’IA avancés utilisés par des individus malintentionnés », a assuré Bill Gates, ancien patron de Microsoft, dans une interview à NBC News, qui doit paraître dimanche 27 septembre -
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : « La modération est devenue inaudible »
Face à une succession de crises, la quête de protection des Français bouscule le jeu politique, poussant les partis traditionnels à imiter les extrêmes à l'approche du scrutin -
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre