Commerzbank se fixe quatre ans pour redresser sa rentabilité
Après un modeste bénéfice net de 78 millions au troisième trimestre, Commerzbank, la deuxième banque allemande, a révélé hier les grandes lignes d’une nouvelle stratégie, baptisée Roadmap 2016, pour redresser ses comptes. Le plan prévoit notamment d’investir 2 milliards d’euros dans ses principales activités, dont un milliard dans sa division de banque de détail. Avec ses 11 millions de clients, celle-ci n’a dégagé qu’un petit résultat de 41 millions d’euros au troisième trimestre. La banque est donc très loin de l’objectif annoncé lors de la fusion avec Dresdner Bank en 2008, de réaliser en 2012 un résultat opérationnel de 4 milliards d’euros, dont une grande partie devait provenir de la banque de détail.
Désormais le patron de Commerzbank, Martin Blessing, s’affiche sensiblement plus modeste. Selon le nouveau projet, la banque de détail est censée dégager en 2016 un résultat annuel de 500 millions d’euros. Le nombre de clients doit passer de 11 à 12 millions, soit 250.000 nouveaux par an.
Pour Dirk Becker, analyste chez Kepler Capital Markets, c’est un objectif ambitieux, compte tenu de la vive concurrence sur le marché allemand. Et avant d’aller mieux, les comptes de cette division vont virer dans le rouge l’année prochaine. C’est seulement à partir de 2014 que la banque de détail devrait à nouveau dégager des profits.
Pour réaliser ses objectifs, Commerzbank mise sur une réduction des coûts d’au moins un milliard d’euros dont l’essentiel doit provenir de suppressions d’emplois. Martin Blessing n’a pas voulu en révéler les détails, le dossier faisant l’objet de négociations avec les syndicats jusqu’au début de l’année prochaine. A en croire les médias allemands Commerzbank envisage de supprimer d’ici à quatre ans quelque 6.000 emplois sur 56.000 outre-Rhin.
Parallèlement à la baisse des dépenses le groupe s’est fixé pour objectif de se défaire d’au moins 40% de ses actifs à risques, évalués à 160 milliards d’euros. «Nous allons poursuivre notre stricte gestion des coûts, la réduction de notre portefeuille d’actifs non stratégiques et le renforcement de nos sources de revenus», a promis Martin Blessing, soulignant que «les quatre années à venir ne seront pas faciles». Et même au bout de cette restructuration le rendement sur fonds propres (RoE) de Commerzbank ne doit pas excéder 8%. Son concurrent Deutsche Bank s’est fixé un objectif de 12%.
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