Commerzbank remplit à l’avance les objectifs de recapitalisation
Commerzbank a annoncé hier avoir dépassé les besoins de recapitalisation calculés par le superviseur bancaire européen EBA, et fixés à fin juin. «L’objectif de relever nos fonds propres de 5,3 milliards d’euros est d’ores et déjà atteint et même dépassé de 1,1 milliard d’euros supplémentaires», précise la deuxième banque allemande. Elle dispose désormais d’un ratio de fonds propres (core Tier 1) de 11,3%.
Le président de Commerzbank, Martin Blessing, a précisé que la banque s’est complètement débarrassée de ses avoirs dans la dette grecque, évalués fin décembre à près de 800 millions d’euros. Au total le groupe chiffre les pertes subies sur la seule dette grecque à quelque 2,3 milliards d’euros. Parallèlement les actifs à risques ont été réduits de 10% à 223 milliards d’euros.
Mais les cessions d’actifs n’ont pas manqué de se répercuter sur le bilan. Au cours des trois premiers mois de l’année les revenus du groupe ont chuté d’un milliard d’euros à 2,6 milliards. Et la banque annonce un bénéfice net en chute de 62,5% sur un an à 369 millions d’euros, en raison d’un effet de comparaison défavorable, la banque ayant profité un an plus tôt d’une augmentation de capital et d’une forte reprise de la conjoncture en Allemagne. Le résultat d’exploitation est revenu à 845 millions d’euros, soit près de 400 millions de moins qu’au cours de la même période de l’an passé. «Notre tâche prioritaire au début de l’année a été la recapitalisation», a expliqué Martin Blessing.
A l’inverse de la plupart de ses concurrents européens, la banque de financement et d’investissement (BFI) ne joue plus qu’un rôle marginal chez Commerzbank. Son résultat avant impôts atteint tout juste 30 millions d’euros au premier trimestre. La banque tire l’essentiel de ses excédents de sa division de financement des PME qui a dégagé un résultat avant impôts de 487 millions d’euros, soit 54 millions de plus qu’au début de l’an passé. Dans la banque de détail en revanche, le résultat a stagné à 100 millions d’euros.
Pour l’ensemble de l’année Commerzbank s’est gardée d’annoncer une prévision précise. «Vu la crise de la dette, la rentabilité du groupe demeurera confrontée à de grands défis», explique la banque. Martin Blessing a toutefois avoué que son objectif initial de réaliser au cours de la première moitié de l’année un bénéfice net de 1,2 milliard d’euros ne pourra pas être atteint.
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh propose une Fed «moins communicante»
Les acteurs du secteur financier peuvent y voir une évolution potentiellement positive si cela permet de réagir plus vite et mieux aux données. On peut cependant encore douter que le banquier central nommé par le président Donald Trump soit celui qui cherche ainsi à dépolitiser la Fed. -
Le M&A s'alimente de nouveau au gros gibier
En dépit de moindres volumes, la valeur des opérations de fusions & acquisitions a rebondi durant ce premier semestre 2026, un début d'année marqué par des transactions de grande envergure. L'intérêt des investisseurs se concentre notamment sur les secteurs des télécommunications, de l'énergie, des infrastructures et de l'intelligence artificielle, relèvent les banques d'investissement. -
CRH change de braquet aux Etats-Unis
L’acquisition d’Arcosa en numéraire pour 8,5 milliards de dollars, dette incluse, renforcera la position du groupe irlandais de matériaux de construction dans les infrastructures et l’énergie.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
AdaptationClimatisation : la grande bascule des politiques
Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique n’existe plus. Il se déplace sur l’adaptation. En se cristallisant sur la seule question de la clim, devenue très politique -
Commerce internationalLe commerce maritime international en mode agile
De la mer Rouge au détroit d'Ormuz, les crises géopolitiques rebattent les cartes du transport maritime. Armateurs, assureurs et transitaires s'organisent désormais pour naviguer dans un monde où l'incertitude est devenue la norme. A l'occasion du Rendez-vous ParisMAT qui se tient aujourd'hui et demain à Paris, petit tour d'horizon de ce nouveau quotidien -
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027