Commerzbank et Intesa Sanpaolo refroidissent les marchés
Les augmentations de capital des valeurs bancaires prennent un vent de face. L’allemand Commerbank, qui a communiqué dimanche soir les détails d’une émission de 5,3 milliards d’euros, et l’italien Intesa Sanpaolo, qui a lancé hier son opération à 5 milliards d’euros, ont chuté respectivement de 2% à 40,7 euros et de 6,8% à 1,69 euro.
Les motifs des deux établissements diffèrent. Si l’émission est un succès, Commerzbank aura levé 11 milliards d’euros cette année, destinés à rembourser 14,3 milliards d’euros d’aides de l’Etat allemand d’ici au mois de juin. Intesa, pour sa part, entend utiliser le fruit de son émission pour renforcer son capital réglementaire, afin de dépasser les futures exigences de Bâle 3. «Le risque d’échec de l’opération d’Intesa est faible: la banque est bien positionnée sur ses marchés et disposera à l’issue de l’émission d’un ratio de fonds propres parmi les plus solides en Europe [10%]», assure un analyste.
Même si la dégradation des perspectives de la dette italienne par S&P et surtout le détachement du coupon ont pesé sur le titre Intesa, les décotes importantes expliquent aussi la désapprobation des investisseurs. Pour Commerzbank, elle atteint 45% par rapport au cours de clôture de vendredi. «Le prix proposé est relativement bas, mais il s’agit d’une émission importante, quasiment du 1 pour 1. En outre, étant donné sa concomitance avec celle d’Intesa, les dirigeants n’ont probablement pas voulu courir le risque de voir les titres descendre sous le prix d’émission», commente un analyste. Tout détenteur de 11 actions existantes aura le droit de souscrire à 10 nouvelles actions.
Cela dit, «la dilution est très forte pour les actionnaires historiques de Commerzbank. Avec cette opération et l’émission des CoMan [Conditional Mandatory Exchangeable Notes, obligations obligatoirement convertibles] pour 5,7 milliards d’euros en avril, le nombre d’actions de la banque aura plus que quadruplé par rapport à la fin de l’année dernière. Si la sanction du marché n’est pas une surprise, la surprise est que l’action n’ait pas chuté davantage», tempère Dieter Hein, analyste chez AlphaValue.
L’émission de CoMan avait suscité la colère de certains actionnaires et rencontré un succès mitigé. Par sa nature et la rapidité de l’opération, seuls 22% des actionnaires existants avaient pu y souscrire.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Allemagne : l'absence de Merz la COP31 provoque la colère des militants pro-climat
Le chef du gouvernement allemand, présent l'an dernier à la conférence organisée au Brésil, avance des « problèmes d'agenda » -
TraumaMarqués par la défaite d'Alain Juppé en 2016, les philippistes se méfient de David Lisnard
Il y a dix ans, Alain Juppé était battu par François Fillon dans la primaire de la droite et du centre. « Les primaires sont un accélérateur de tendance », commentait à l'époque Edouard Philippe. David Lisnard est-il le nouveau François Fillon ? -
Choix publicsLa politique est-elle condamnée à la tragédie ?
Confrontés à la dramaturgie usée et convenue de la vie politique, en campagne comme à l'Assemblée, les électeurs semblent attendre de nouveaux acteurs capables de conjurer la fatalité, analyse Erwan Le Noan dans s achronique pour l'Opinion