Co-op Bank met la touche finale à son plan de restructuration

Le nouveau plan de recapitalisation de 1,5 milliard de livres remanie l’actionnariat et réduit le périmètre de la filiale bancaire
Stéphanie Salti, à Londres

Il s’en est fallu de peu que la banque coopérative Co-op Bank ne mette la clé sous la porte. Hier, le groupe Co-op, qui comprend aussi une chaîne de supermarchés, des pharmacies et des services funéraires, a annoncé un nouveau plan de recapitalisation à hauteur de 1,5 milliard de livres correspondant aux besoins en capitaux identifiés en juin dernier par l’autorité de supervision prudentielle britannique, la PRA. Pour parvenir à cet accord, le groupe a dû lâcher du lest : Co-op s’est vu contraint de céder le contrôle de ses opérations bancaires en ne retenant que 30% de la banque, ce qui lui permet néanmoins de rester le plus gros actionnaire unique, et d’injecter 462 millions de livres dans la restructuration de ces opérations.

De ce montant, 129 millions de livres seront destinés à dédommager des investisseurs obligataires particuliers juniors qui détiennent un montant nominal de 170 millions de titres.. Cette nouvelle mouture marque une rupture significative avec le plan élaboré en juin, selon lequel Co-op aurait gardé 70% de l’actionnariat et injecté près de 1 milliard de livres dans les opérations bancaires. Désormais, 70% de l’actionnariat passera entre les mains de ses créanciers obligataires menés par les fonds alternatifs américains Silver Point et Aurelius Capital Management ( le «LT2 Group») en échange d’une conversion de créances en actions et de l’injection de 125 millions de livres d’apport en capital.

Si ce nouveau plan va permettre à Co-op d’éviter de céder des actifs, la réduction du périmètre de la banque est d’ores et déjà annoncée. Au total, 50 des 324 agences de Co-op Bank devraient fermer leurs portes, entraînant un nombre de suppressions d’emplois significatif, tandis que le canal internet sera désormais privilégié. Cette annonce marque aussi un tournant dans la stratégie de Co-op, qui, en avril dernier, projetait encore de racheter les 632 agences à la marque Lloyds, que la banque partiellement nationalisée devait céder en échange de l’aide de l’Etat britannique reçu au plus fort de la crise financière.

La banque restructurée, qui fera son entrée sur le marché boursier londonien l’an prochain, ne devrait pas générer de profits cette année, ni en 2014, et probablement pas non plus dans les 4 à 5 ans, selon les pronostics du groupe. Les créanciers obligataires se prononceront sur ce nouveau plan dès le mois prochain.

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