CNP veut mettre un terme à son partenariat avec Malakoff Médéric
Le partenariat en épargne retraite entre CNP Assurances et Malakoff Médéric a du plomb dans l’aile. Selon des sources proches du dossier, les deux compagnies pourraient être amenées à revoir la copie de leur alliance commerciale sur ce marché. Gilles Benoist, directeur général sortant de CNP Assurances, a en effet adressé une lettre en date du 22 juin à Guillaume Sarkozy, délégué général de Malakoff Médéric, dans laquelle il recommande d’arrêter ce projet.
Depuis quelques mois, les deux compagnies ont lancé une expérimentation portant sur la commercialisation de produits d’épargne retraite développés en commun. Or il s’avère que, du côté de CNP Assurances, les résultats de ce test n’ont pas été jugés suffisamment concluants pour vouloir poursuivre l’aventure. Le contexte financier actuel, caractérisé par un environnement de taux d’intérêt bas qui pèse sur la rémunération des assureurs, et la désaffection des Français pour les produits d’épargne et d’assurance vie ne plaident pas non plus en faveur des deux partenaires. Désormais, la balle est dans le camp de la nouvelle équipe dirigeante de CNP Assurances: Jean-Paul Faugère, président, intronisé vendredi à l’issue de son assemblée générale, et le futur directeur général, Antoine Lissowski assurant l’intérim.
Si l’arrêt définitif se confirme, il s’agira d’un ultime rebondissement pour un projet qui a multiplié les revers depuis son officialisation en avril 2009. Initialement, les deux groupes envisageaient de créer une coentreprise dont le lancement opérationnel était prévu début 2010. A l’époque, la Caisse des dépôts devait même en être actionnaire à hauteur de 10% et apporter 60 millions d’euros. Fin 2009, le projet avait été reporté une première fois de plusieurs mois, calant sur des problèmes de gouvernance. Puis, en avril 2010, la CDC a annoncé son intention de se retirer du tour de table de cette coentreprise.
Résolus à mener à bien leur projet, CNP et Malakoff Médéric ont malgré tout continué à travailler d’arrache-pied pour créer une société commune à 50/50. Las, en novembre 2010, l’Autorité de contrôle prudentiel a bloqué le projet. Abandonnant alors leur ambition de créer une coentreprise, les deux partenaires avaient concentré leurs efforts sur la commercialisation de produits développés en commun. Une voie qui pourrait être définitivement remise en cause dans les semaines ou les mois à venir.
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