CNP Assurances continue à pâtir d’un environnement dégradé en Europe
L’environnement dégradé en Europe, où CNP Assurances réalise 90% de son activité, ainsi que la concurrence des banques sur les produits d’épargne continuent à peser sur les comptes de l’assureur vie.
Sur les neuf premiers mois de l’année, la CNP a vu son chiffre d’affaires reculer de 14,1% à 19,4 milliards d’euros, plombé par les activités d’épargne (-18,1%) et de retraite (-16,8%). En revanche, «la couverture de prêts (+2,6%), la santé (+7,6%) et le dommage aux biens (+5,1%) résistent bien», souligne Oddo Securities.
«L’activité qui nous heurte est celle de l'épargne en Europe, que ce soit en France (ou) dans les pays d’Europe du Sud», a déclaré Antoine Lissowski, directeur financier de la CNP. Pour ces pays d’Europe du Sud, «l’impact a été accentué par notre politique de réduction des risques d’investissement», a-t-il poursuivi, ajoutant que cette politique conduisait «à une distribution moins importante en volume de l’activité».
L’activité en France a reculé de 11,2% à 15,7 milliards d’euros. Sur un marché français en décollecte nette de 5,1 milliards d’euros, la «CNP limite la sienne à 700 millions d’euros, soit sensiblement moins que sa part de marché», souligne le premier assureur de personnes en France. «Nous avons un effet de crise qui est en train de se stabiliser au troisième trimestre. La collecte d’épargne s’est fortement repliée sur les deux premiers trimestres (avec une décollecte nette de 600 millions d’euros)», a indiqué Antoine Lissowski, ajoutant que ce repli est désormais «plus léger».
A l’international, le chiffre d’affaires a reculé de 24,5% à 3,7 milliards d’euros, marqué par d’importantes baisses en Italie (-34%), au Portugal (-86,2%) et en Irlande (-87,5%, du fait de la non-récurrence d’un contrat unique en retraite l’an passé). Au-delà de l’Europe, l’activité au Brésil a baissé de 2,5% à 2 milliards d’euros, en raison d’un effet change négatif.
La CNP est en revanche parvenue à dégager une hausse de 42,3% à 783 millions d’euros de son résultat net, dopé par des plus-values de cession et des réévaluations d’actifs.
Parallèlement, «le ratio de solvabilité I ressort en très forte hausse à 254 % grâce aux plus-values latentes (contre 183% à fin juin)», relève Oddo. En excluant ces plus-values, ce ratio s’établit toutefois à 112%, contre 113% trois mois plus tôt.
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