CNP Assurances a rebondi en 2013 mais reste dans le flou face à BPCE
CNP Assurances a retrouvé le chemin de la croissance. Après un recul de 11,2% en 2012, le chiffre d’affaires (collecte brute) de l’assureur coté a progressé de 4,6% l’an dernier, à 27,7 milliards d’euros. En hausse de 8,3%, son résultat net passe tout juste la barre du milliard d’euros. Malgré la dépréciation du réal, la CNP a continué à bénéficier du dynamisme du Brésil, son deuxième marché, et surtout du rebond de sa coentreprise avec UniCredit en Italie.
En France, l’érosion du chiffre d’affaires (-1,8%) a été moindre qu’en 2012 grâce à la progression de 35% de l’assurance vie en unités de compte. «Nous constatons une évolution significative de notre modèle qui se caractérise par une hausse des grands segments à forte valeur ajoutée», a assuré hier Frédéric Lavenir, directeur général de la CNP, lors de la présentation de ses résultats.
A l’échelle du groupe, la marge sur affaires nouvelles a crû de 2,5 points, à 14,1%, mais les unités de compte ne pèsent encore que 7% de l’activité en France. Celle-ci reste dominée par les fonds en euros qui sont pénalisés par la baisse des rendements obligataires. La CNP a ainsi subi 348 millions d’euros de sorties nettes en assurance vie, en raison de 771 millions de décollecte sur ses contrats en euros, «principalement à La Poste», son distributeur historique avec les Caisses d’Epargne.
Pour inverser la tendance, l’assureur public compte sur les futurs contrats eurocroissance qu’il prépare pour les deux réseaux, qui sont aussi ses principaux actionnaires derrière la Caisse des dépôts. Il va aussi proposer cette année de nouveaux «produits haut de gamme», mais aux clients de La Banque Postale seulement.
Côté Caisses d’Epargne, le dialogue de sourds se poursuit entre la CNP et BPCE, qui a annoncé vouloir commercialiser uniquement des contrats Natixis dans le réseau de l’Ecureuil à partir de 2016. BPCE déclarait mercredi soir attendre les «propositions» de la CNP. «Les différents schémas de propositions existent, BPCE le sait », a répondu Frédéric Lavenir. «Notre volonté est de construire avec BPCE, sur des bases renouvelées, sur le long terme et de manière globale», a-t-il ajouté.
La CNP veut mettre tous les sujets sur la table, y compris les 848 millions d’euros de commissions de vente qu’elle a versées en 2013 à BPCE. En attendant, le groupe proposera à ses actionnaires un dividende de 77 centimes comme depuis trois années, mais en numéraire cette fois-ci.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester